Le train de 16 heures 50 de Agatha Christie

4.50 to Paddington

Le train de 16 heures 50

Le lundi 26 décembre 2005 par Sheherazade

Deux trains parallèles roulant à égale vitesse - à quels moment et endroit ladite vitesse se ralentira-t-elle suffisamment afin qu’une dame âgée légèrement somnolente soit témoin d’un meurtre ?

Que l’on se rassure ! je n’ai nullement l’intention de vous demander l’âge du capitaine, ni d’ajouter un nouveau problème de trains ou robinets aux écoliers en vacances. Simplement il s’agit là du début de l’intrigue du «  4.50 TO PADDINGTON  », une nouvelle aventure de la fûtée Miss Marple. Celle-ci est la seule à croire son amie Elspeth Mc Gillicuddy, témoin de l’horrible spectacle, à savoir un homme étranglant une jeune femme dans le train parallèle au sien.

Harcelé par Miss Marple, l’inspecteur Cornish, tout en soupirant et prenant le ciel à témoin de son infortune, accepte d’ouvrir une enquête. Hélas point de cadavre le long des voies du chemin de fer, ni d’avis de disparition. L’enquête est donc close.

Miss Marple sachant son amie dénuée d’imagination et donc incapable d’inventer une telle histoire, décide de dresser un plan de campagne ; pour celui-ci il lui faut l’aide de quelqu’un de jeune et entre en scène son amie, la dynamique Lucy Eyelessbarrow. Pour Miss Marple, puisque le train a ralenti à la hauteur de Rutherford Hall et que le crime a été commis à cet endroit, c’est donc dans le domaine de Luther Crackenthorpe qu’il faut chercher. Ce vieillard à la santé fragile rend la vie impossible à son entourage, sa fille Emma est donc ravie de la présence de Lucy dont elle ignore la mission secrète. Le médecin de famille, Quimper, est pour sa part également enchanté de cette présence assistant sa fiancée dans les soins destinés à l’irascible et tyrannique vieillard.

Entre deux tâches domestiques, Lucy commence l’enquête en se promenant aux endroits indiqués par Marple et son amie ; elle y découvre des indices puis, en visitant le « musée » de Rutherford Hall, là où se trouvent des trésors archéologiques à l’origine peu claire, elle découvre le cadavre d’une femme dans un sarcophage.

Cette fois la police s’en mêle enfin, ainsi d’ailleurs que les autres membres de la famille Crackenthorpe, les fils Harold, Alfred et Cedric, de même que le beau-fils, veuf de l’autre fille du domaine. Le corps serait celui d’une danseuse française. Mais que serait-elle donc venu faire là ? L’enquête piétine un peu cependant Miss Marple commence à se faire sa petite idée suite aux rapports que lui fait Lucy. Un empoisonnement à l’arsenic tue Alfred, l’un des fils Crackenthorpe ; il semblerait que le meurtrier réside à Rutherford Hall et ait décidé d’éliminer un par un les membres de cette famille très riche.

Heureusement Miss Marple veille au grain et grâce à l’un de ces stratagèmes dont elle a le secret, le calculateur et cruel meurtrier sera enfin démasqué au grand soulagement de l’inspecteur pour qui collaborer avec la vieille fille mêle-tout est le pire de tous les supplices !

Encore un coup d’éclat pour la fragile petite vieille dame qui adore tricoter et pour qui la vie au village de St.Mary Mead est une source constante d’inspiration et d’arguments l’aidant à résoudre des crimes à plus grande échelle.

La famille Crackenthorpe présente pas mal de similitudes avec celle décrite dans «  Le Noël d’Hercule Poirot » dont j’ai eu le plaisir de parler l’an dernier. Comme beaucoup de familles dans les romans d’Agatha Christie, les membres ne s’apprécient guère, se serrent les coudes uniquement par peur du scandale et espèrent hériter rapidement du patriarche ou de la matriarche encore en vie.

Ceci dit, « 4.50 to Paddington » est une délicieuse lecture de saison, parfaite en cette fin d’année ; une fois de plus, grâce à la plume de la Reine du Crime, on passe un excellent moment au coin du feu, avec un délicieux thé anglais et des petits biscuits pour une ambiance typiquement british.