Le suaire de l’archevêque de Peter Tremayne

Soeur Fidelma enquête à Rome

Le suaire de l’archevêque

Le jeudi 21 juin 2007 par Sheherazade

Sœur Fidelma, la religieuse et avocate de l’Eglise d’Irlande, se trouve à Rome, capitale de la chrétienneté afin de faire valoir auprès du pape la légitimité de l’Eglise celtique.

Elle y retrouve Eadulf, le moine devenu secrétaire de l’évêque de Canterbury, Wighard, accompagné de toute une délégation d’évêques anglais et de pélegrins qui pourront assister à l’ordination officielle de l’évêque. C’est de bien autre chose qu’ils témoigneront car l’êvêque en titre est assassiné la veille de la cérémonie.

L’homme a été étranglé dans sa chambre et les pbjets précieux qu’il devait offrir au pape ou faire bénir afin de les ramener aux églises anglaises ont disparu. Un homme est appréhendé aux aurores, un moine irlandais résidant à Rome.

Le secrétaire du pape, dans un souci d’équité, demande à Fidelma et Eadulf d’unir une fois encore leurs forces et leurs intelligences afin de faire la preuve de la culpabilité du moine ou de découvrir le vrai coupable. Car évidemment comme le dit très justement la petite avocate irlandaise qui ne s’en laisse pas conter, un homme n’est coupable que si cette culpabilité est prouvée, tant que cela n’est pas le cas, il n’est que suspect et potentiellement innocent.

Eadulf et elle reçoivent l’assistance d’un jeune garde romain relativement choqué par l’attitude peu modeste de Sœur Fidelma ; il est vrai que les matrones romaines n’ont pas le droit d’ouvrir la bouche et sont totalement dépendantes de leur mari, après avoir été sous la coupe de leur père ; or ici elle prend carrément la tête des opérations.

La jeune religieuse n’hésite pas à rappeler à quel point l’Irlande est nettement plus progressiste par rapport à Rome puisque les femmes irlandaises ont voix au chapitre. Le secrétaire du pape a lui-même quelques difficultés à encaisser l’audace de la jeune femme qui ne trouve nullement nécessaire de lui baiser la main en signe d’humilité.

Quant au Frère Eadulf il est bien marri de ce que son amie ne soit à aucun moment impressionnée par la magnifiscence de la ville.

En cours d’enquête, nos trois amis découvrent des indices qui tenderaient à prouver que le vol des objets précieux et le meurtre de l’évêque ne sont pas liés comme pensé précédemment. Par ailleurs, le principal suspect, le jeune moine irlandais, soucieux de faire des révélations, est tué avant d’avoir pu parler à Fidelma. Parmi les suspects qu’interrogent nos enquêteurs se trouvent la délégation de l’Eglise anglaise, outrée de réaliser que Fidelma n’a que faire de leurs prérogatives. La petite religieuse est rarement impressionée par les titres et le rang des personnages qu’elle côtoie.

C’est dans une sombre histoire de famille et de vendeance, reliée à l’archevêque assassiné, que Fidelma, Eadulf et leur assistant romain, résoudront ce puzzle.

Inutile de le cacher, je suis une inconditionnelle des enquêtes de Fidelma de Kildare. Son franc-parler, son honnêteté, son intelligence en font une héroïne digne d’intérêt. Elle est aussi profondément opposée aux dogmes.

De plus cette série policière est précédée d’une introduction fort intéressante sur ce qu’était l’Eglise celtique d’Irlande au 7ème siècle, plus proche des théories de Pélage, moine breton, fondateur du pélagisme et qui fut considéré comme hérétique (évidemment) par Rome car selon lui, l’homme n’a guère besoin d’une église pour accéder à la vie éternelle ; ses seuls mérites y suffisent. Son principal opposant sera Saint Augustin.

A propos de l’auteur :

Passionné de culture celtique, Peter Tremayne (pseudonyme de Peter Beresford Ellis), après avoir écrit en 1968 un essai sur l’indépendance du Pays de Galles, décida quelques années plus tard de se consacrer à plein temps à l’écriture.

A côté de nombreux essais, il est l’auteur de récits fantastiques basés sur les mythes et légendes celtiques ; on l’a même comparé à de grands maîtres de la littérature fantastique irlandais, e.a. Bram Stocker.

Sous le pseudonyme de Peter MacAlan, il a écrit 8 thrillers, mais c’est grâce aux enquêtes de Sœur Fidelma de Cashel que Peter Tremayne connaît la célébrité.

Parmi les autres livres dont il est l’auteur figure le « Dictionary of Celtic Mythology », « A history of PanCelticism » et « The Druids ».

Tremayne vit à Londres et est également membre de la Society of Authors ainsi que de la Crime Writers Society.