Le sang du moine de Peter Tremayne

The monk who vanished

Le sang du moine

Le mardi 14 août 2007 par Sheherazade

L’abbaye d’Imleach, dans le royaume de Muman, est sans dessus dessous en ce matin de septembre 666 : les reliques du saint fondateur de la communauté chrétienne du pays ont disparu le jour même de la procession. Dans ces terres encore fort superstisieuses, il est dit que la disparition des reliques signifiera la fin du royaume. Par ailleurs, le moine chargé des reliques a disparu, probablement blessé et enlevé par les voleurs.

A Cashel, capitale de Muman, l’effervescence est grande aussi, mais pour une autre raison : le petit roi du pays voisin, celui qui brigue le titre de roi de Cashel et qui guerroie régulièrement contre Cashel, a décidé de venir discuter les conditions d’un traité de paix. Jusqu’au moment où les deux rois pénètrent dans l’enceinte du château et se font attaquer par un archer.

Sœur Fidelma, en tant que sœur du roi de Cashel, est présente puisque sa condition d’avocate et de princesse lui permet d’assister aux débats. Colgù, le roi, son frère, lui demande d’enquêter sur l’agression dont lui et le roi venu en paix ont été victimes. Effectivement, les futurs alliés sont rapidement redevenus les ennemis accusateurs, prétendant que c’est le roi lui-même qui a commandité l’agression. Les deux assassins ayant été capturés et tués ; l’un d’entre eux portait sur lui un médaillon impliquant encore plus le frère de Fidelma ; l’autre était un petit homme, ancien moine apparemment vu sa tonsure, sur qui l’on trouve une croix d’argent précieux.

Fidelma et Eadulf de Seaxmund’s Ham, représentant l’archevêque de Canterbury à Cashel, ont donx neuf jours pour prouver l’innocence de Colgù dans ce complot. Arrivés à Imleach, où toute la communauté est sous le choc, l’abbé confirme à l’avocate que la croix fait partie des reliques volées.

La jeune avocate et son compagnon commencent leur enquête, très vite un possible témoin est assassiné et le village est attaqué par des hommes venus du Nord, le pays où se dirigent nos investigateurs.

Les agresseurs, non contents de raser littéralement le village, s’attaquent également à l’arbre millénaire, l’IF symbole de l’Irlande et du royaume. Sa destruction signifie aussi la destruction d’Eireann. Face à ce sacrilège, tous semblent prêts à affronter la fatalité mais c’est compter dans la courageuse petite religieuse qui se laisse rarement abattre.

Une aide venue du pays voisin permet à l’abbaye de ne pas être détruite ; Sœur Fidelma et Frère Eadulf peuvent donc poursuivre leur enquête, d’autant plus que les informations sur le moine mort et le moine disparu sont très contradictoires : le moine ayant disparu portait une autre tonsure que celui qui participa à l’agression de Cashel, bien que les autres signes physiques correspondaient parfaitement.

Bref le mystère semble s’épaisssir de jour en jour et le délai octroyé à la jeune religieuse-avocate se réduit de plus en plus, sans qu’aucune véritable preuve de l’innocence de Cashel ait pu être trouvée.

Bonne nouvelle enquête de Sœur Fidelma, la jolie religieuse, juge d’instruction et avocate, flanquée de son compagnon d’armes, émissaire de l’archevêque de Canterbury et de l’église de Rome auprès du Haut Roi d’Irlande. Mais si l’enquête tient le lecteur en haleine par ses multiples événements dramatiques, il n’était pas très difficile de comprendre le problème du moine, différent d’un endroit à l’autre. Il était plutôt évident dès les premiers indices qu’il s’agissait là de frères jumeaux.

Quant au commanditaire du complot visant à détruire non seulement le Haut Roi, mais également le roi venu signer un traité de paix, il n’était guère difficile non plus au lecteur un peu avisé de le démasquer même si un léger doute subsiste jusqu’au dénouement.

Celui-ci comme toujours a lieu dans la salle principale du château (que ce soit à Cashel ou dans un autre petit royaume), où un tribunal est constituté et où l’avocate-religieuse peut enfin dévoiler tous les indices qui l’ont amenée à la découverte du vrai coupable.

Sœur Fidelma forme avec Frère Eadulf un tandem digne d’Holmes et Watson, ou Poirot et Hastings. Comme pour les deux autres associés des détectives célèbres, par certaines remarques pas toujours très fûtées, le jeune moine saxon - véritable faire-valoir de l’avocate - parvient à mettre la religieuse sur la bonne voie.

J’aimerais assez toutefois que l’auteur, Peter Tremayne, ne mette pas systématiquement dans la bouche de son héroïne des citations sentencieuses, qui finissent pas être lassantes, comme si Fidelma se sentait tout le temps obligée de faire référence à des « maîtres » pour étayer ses convictions personnelles !