Le salon du prêt-à-saigner de Joseph Bialot

Le salon du prêt-à-saigner

Le dimanche 9 janvier 2005 par Sheherazade

Des cadavres jalonnent le Sentier, le quartier juif parisien, centre des créateurs et des promoteurs de "schmatzes" et de mode. Le quartier est sens dessus dessous ; trois personnes ont été assassinées au rasoir et à coups de ciseaux, en banlieue une famille turque périt dans un incendie criminel ; le patriarche, qui en a réchappé, meurt de l’explosion d’une bombe ; un garagiste meurt noyé dans une barrique d’huile de vidange - qui ont un seul point commun : leur assassin !

Un monstre sans scrupules, une machine à tuer, prête à tout pour couvrir ses traces et faire disparaître des preuves. Il trouvera sur son chemin la police, mais également un groupe de gosses à l’âme de justiciers. Le commissaire Faidherbe et ses adjoints sont sur les dents car ils ont la presse aux trousses et un criminel qui les nargue, sans parler de tous les commerçants du Sentier ou habitants des quartiers pauvres qui les regardent de travers.

Polar sombre et sanglant, le premier écrit par Joseph Bialot à la fin des années 70. J’avoue ne pas avoir beaucoup aimé le livre, d’autant plus que le style oscille entre humour juif fort drôle et par contre un humour dit "parigot populaire" nettement plus lourd.

J’en suis encore à me demander si le livre est une parodie des polars, dès lors il faut l’apprécier au second degré (ou au 3ème voire 4ème) ; pour cela il me faudrait en lire d’autres de cet auteur, expérience que je ne me sens pas prête à tenter à nouveau. Trop de complaisance dans le sang et la cruauté.

Les meilleurs moments ont été pour moi la description du quartier du Sentier, parmi les commerçants juifs que Bialot connaît bien et celle des personnages.

Rescapé des camps de la mort, autodidacte, l’auteur s’est mis à l’écriture avec ce polar en 1978 et elle ne l’a plus lâchée depuis. Je pense que je préférerais lire ses récits autobiographiques.