Le ravissement de Lol V. Stein de Marguerite Duras

Le ravissement de Lol V. Stein

Le dimanche 2 mars 2003 par catherinem

Lol rencontre un jour à la plage un homme dont elle tombe raide amoureuse. Et c’est réciproque. Mais hélas, il tombe lors d’un bal sur une femme que manifestement il connaissait déjà et leur histoire s’arrête là. Lol est désespérée.

Après avoir fait son deuil de cette histoire, elle rencontre un homme qu’elle épouse, ils quittent sa ville natale et ils auront quatre enfants, une maison bien tenue et un rythme de vie parfaitement réglé. Au bout de dix ans, les voilà revenu à leur point de départ, dans la maison des parents de Lol. Celle ci reprend contact avec son ancienne amie, mariée mais qui a pour amant l’homme donc Lol va tomber éperduement amoureuse...

Dieu que c’est lent ! Que c’est ennuyeux !! Le personnage de Lol en tant que femme détraquée n’est pas franchement crédible, et du coup ni attachant ni repoussant, non il n’est rien, il n’est pas intéressant et c’est tout.

L’intrigue ? Inexistante ou presque, en tout cas pas plus intéressante que le personnage principal. Et donc j’ai fait des efforts pour retrouver après le premier chapitre le style de M. Duras que j’avais apprécié dans d’autres de ses romans, mais tous mes effors sont restés vains et je suis donc arrivée à la dernière page très très déçue...


  • Le ravissement de Lol V. Stein  17 juin 2011, par Olivier BROUN
    Cette critique désespérante montre combien celle qui l’a écrit n’a guère capté du livre... Comme toujours le non dit parle, et le personnage de Lol est bien moins insignifiant qu’il n’y parait. C’est l’habileté de M.Duras de nous y conduire. Dans cette critique rien n’est évoqué de la complexité du ravissement : Lol est un femme ravie dans les deux sens : on lui a ravié son amoureux de jeunesse, et par la suite elle ne peut plus vivre d’amour que par procuration et ravissement. (ce temps de l’hôtel des bois). La progression vers un...apprivoisement de la femme en elle, tentée à la fin du livre par l’amant de Tatiana, rehausse celui-ci à la dimension d’un homme qui est prêt à tout pour Lol. C’est très risqué ce qu’il fait, il emmène Lol sur le fil du rasoir (folie ou libération - épanouissement ?). Les scènes finales où l’on subodore que Lol résiste, au bord de la folie, puis accepte la possession par Jacques Hold, sont elliptiques, M.Duras ne donne pas de réponse. On subodore que Jacques Hold a su la ramener à la grève, vers l’incarnation -enfin- de Lol en être femme...
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  • Le ravissement de Lol V. Stein  7 décembre 2005, par mya
    Je ne rajouterai que quelques mots de plus pour dire que si vous etes déçue d’une oeuvre,c’est peut etre que vous attendez trop d’elle et je rapellerai que la critique est facile mais l’Art est difficile ! ( je suis assez vexée en tant q’écrivain et psychologue de certains commentaires)...
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  • Le ravissement de Lol V. Stein  7 décembre 2005, par mya
    Bonjour, Je suis écrivain et j’ai fait une analyse du ravissement de lol v stein.A bien lire les commentaires, je pense pour ma part que vous n’avez pas vu le potentiel de ce livre et de koi il s’agissait. Le personnage centrale du livre n’est pas lola valérie stein mais jacques hold.Comme il le dit lui meme "voici, tout au long, mêlés, à la fois, ce faux semblant que raconte tatiana karl et ce que J’INVENTE sur la nuit du casino de t.beach. a partir de quoi, je raconterai MON HISTOIRE DE LOL V STEIN." il invente, il fantasme, il est fasciné par lol( qui ne vit que par les autres).L’incipit original de ce livre par la figure de marguerite duras qui s’y dessine à travers le narratteur Jacques Hold, attentive à prévenir et empecher l’identification au réel et la quete de vraisemblance , prenant en cela le contre pied de cet effet de réel associé au genre romanesque. parallèlement et paradoxalement, ces efforts pour contenir l’histoire dans l’univers fictionnel semblent échouer au niveau du personnage de lol, qui n’en prend que plus réalité et de relief.Il en résulte une atmosphere de roman policier.cette impression renforcée par la structure adoptée qui fait précéder "l’histoire" proprement dite d’un évènement initial que M. Duras va tenter d’éclairer et qui lui tient lieu à la fois de fil conducteur et de prétexte. Une fois de plus, M. Duras renouvelle le roman, donne une dimension spectulairement psychologique a ses personnages, tout en conservant son style amoureux, langoureux, et flottant. Je pense qu’il faille retenir ce livre qui est tout de meme au programme de littérature francaise en première année de licence et à l’agrégation 2006 et de surcroit, il est encore mieux de lire l’hommage à M. Duras du psychanaliste au combien connu LACAN qui énonce que M.Duras a aisément réussi à donner une psychologie à un personnage de papier. Et peut etre ne pas oublier qu’une fois de plus ( comme breton dans Nadja) elle a esquissé ses réponses à certaines questions existancielles quelles soient philosophiques,littéraires ou autres, au lecteur averti. enfin, je dirai que l’on ne peut pas maudir ou bacler une oeuvre littéraire, nous devons la respecter, l’analyser, la décrire et n’en dire et tirer que le bon, le meilleur ; le mauvais est très subjectif.
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    • Le ravissement de Lol V. Stein 4 janvier 2008, par blou24
      je suis élève en première et vraisemblablement je n’acquis pas l’idée principale de cette oeuvre. je l’ai en étude de texte de corpus pour une disserte et il est dur de la prendre en tant d’exemple... mon sujet étant : en quoi l’ouverture d’un roman est-elle révélatrice du regard de l’écrivain sur l’Homme et sur le monde ? je n’arrive pas à intégrer cette oeuvre en tant qu’aide.
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  • > Le ravissement de Lol V. Stein  29 juin 2003, par sophieorlando
    Je pense que l’article est volontairement intriguant, dans le cas contraire l’ouvrage n’a certainement pas été lu par l’auteur de cette note imbécile. Lol n’est a aucun moment désespérée ni "raide amoureuse". Elle est le personnage spectral d’un univers fantasmagorique où il s’agit d’interroger le monde et notre façon de l’appréhender. La séduction qu’exerce l’écriture litanique de Duras amène le lecteur à emboiter le pas lent et régulier d’itinéraires intérieurs confus et labyrinthiques.
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    • > Le ravissement de Lol V. Stein 5 juillet 2003, par catherinem

      Bonjour bonjour,

      Un article intrigant...sens premier du mot dans le dictionnaire : qui se mêle d’intrigue. Je pense pour ma part que la colère vous fait perdre le bon sens des mots, mais peut être ne les maitrisez vous pas tout à fait ? Sens second du dictionnaire : excitant vivement la curiosité...Merci, je suis flattée de tant d’attention. Dans tous les cas, je suis au regret de vous annoncer que j’ai lu ce livre (malgré quelques difficultés je le répète), et 4 mois après, je suis toujours d’accord avec mon commentaire intelligent, la trace qui m’est restée du roman est quasiment inexistante, ce livre est creux. Personnage spectral, soit, univers fantasmagorique, si vous voulez, encore que le côté surnaturel du roman m’ait échappé, mais nous n’avons manifestement pas le même dictionnaire. Ecriture litanique de marguerite Duras ! Voilà ! On va enfin se comprendre : dans le dictionnaire, toujours et encore, le mot litanie signifie :’ennuyeuse énumération’ ! Merci, vous me faites grandement plaisir ! Et cela vous séduit ?.Je comprends mieux ce qui vous a plu dans ce roman. Le pas lent et régulier...vous avez sûrement oublié dans votre hâte le mot chiant, mais le message est passé...en fait je pense que nous sommes d’accord ! Itinéraires intérieurs confus et labyrinthiques, certes, certes, un peu trop même peut être ?

      Humm, sans vouloir rentrer dans une polémique indéfinie, certaines personnes ont à mon sens un grand respect pour les auteurs (ce que je respecte), mais perdent malheureusement leur esprit critique à la lecture de leurs romans, c’est dommage, votre vocabulaire riche vous serait sûrement très utile pour la rédaction d’articles, si du moins vous vous décidiez à ne pas utiliser les mots à tort et à travers...


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      • > Le ravissement de Lol V. Stein 7 juillet 2003, par sophie

        Bonjour Catherinem, non, je ne suis décidemment pas en accord avec une critique qui se montre plus personnelle (et virulente) que littéraire. Je n’ai sans doute pas compris le principe de ce site, que je trouve par ailleurs intéressant. Pour revenir au centre du débat, je n’ai pas le goût des batailles terminologiques et je ne me sens pas le besoin d’interroger sans cesse le dictionnaire pour me forger une opinion sur une oeuvre.

        Je reste persuadée de la valeur de ce roman et s’il faut relancer une discussion pour l’instant restée caduque (par ma faute probablement), je dirais que Le Ravissement possède un potentiel esthétique évident, qu’il est porteur de notions philosophiques (que suis-je ? Où vais-je ? D’où suis-je tiré ? de Voltaire), de notions orthodoxes (la trinité, une part d’inconnaissance de Dieu), voire des questions politiques émergeant du traitement de la représentation des villes. Si la discussion est toujours ouverte, à vous. Sophie


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        • > Le ravissement de Lol V. Stein 7 juillet 2003

          Bonjour Sophie,

          Ma critique initiale est effectivement personnelle, et il n’est pas surprenant que d’autres y trouvent à redire. Par contre j’ai trouvé votre commentaire très agressif, et si je ne suis pas non plus portée sur le dictionnaire en temps normal (et je ne vois d’ailleurs pas dans quel sens il pourrait servir pour l’analyse d’une oeuvre !), il m’a semblé pour cette fois que vous utilisiez des mots impropres.

          Vous avez manifestement vu dans ce roman des notions qui pour moi n’y sont pas, mais libre à vous maintenant de rédiger d’autres articles et d’y mettre les analyses que vous voulez ! Pour ma part, je préfère exprimer mon sentiment, qui naturellement est fonction du contenu et de la réflexion qu’il contient, et de l’écriture..

          Je n’ai donc pas tenté de discuter avec vous du fond de ce roman puisque vous savez ce que j’en pense, et je ne me lancerai pas non plus aujourd’hui dans ce genre de débat. Par contre, s’il vous plaisait de rédiger un second article sur le même roman, l’auteur de ce site se fairait sûrement un plaisir de le publier...


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          • > Le ravissement de Lol V. Stein 7 août 2003, par Moebius

            J’ai bien peur hélas de ne pouvoir vous départager ! Pour ma part, j’ai aimé ce roman. Je me suis laissé prendre au jeu de la fantaisie de Lol. Je souhaitais découvrir toujours plus avant ce qui se cachait derrière cette blessure qu’à été le départ de l’homme qu’elle aimait. J’ai donc suivi Lol dans sa solitude et avec elle me suis retrouvé spectateur du monde. J’ai compris que cette femme voulait croire dans l’amour mais qu’elle n’en attendait plus rien. Ne dis t-elle pas d’ailleurs que Jacques pourrait être son Dieu ? Lui, comme un autre... Nous avons besoin de cette illusion d’un amour parfait, et c’est cela que Lol a compris le soir du bal, c’est ce mot : illusion. Aussi, je crois qu’elle joue avec Jacques comme avec Tatiana. A travers eux elle revit ce soir de bal, et démonte les mécanismes de l’amour pour se prouver qu’elle avait raison : l’Amour est impossible.

            Enfin, et pour à contrario défendre l’opinion de Catherine (désolé Sophie !), je trouve néanmoins l’écriture de ce roman assez confuse. L’auteur suit les sautes d’humeur (au sens premier du terme pour les accros du dico ;o) de son héroine et il est parfois difficile de savoir qui dit quoi, qui pense quoi. Les sentiments des personnages aussi, il faut les deviner. On nous présente des actes dont le sens caché nous échappe. Libre à chacun de faire son interprétation. Aussi, pour savoir si le roman est bon, il faut d’abord savoir s’il est meilleur de poser des questions que d’essayer d’y répondre. On pourra selon dire que Marguerite Duras s’est "fait plaisir" en balançant une histoire de femme à la limite de la schizophrénie et dont le comportement n’a rien de "normale" ou que ne pouvant dire avec des mots tout ce qu’il peut y avoir dans le coeur d’un être qui vient de perdre celui qu’elle aime, elle a su décrire les errances de la solitude et permis ainsi à ceux dont le coeur pourrait y être sensible (mais je le pense, pas aux autres, c’est un roman plutôt ésotérique...) d’ouvrir une page sur le coeur de Lol V Stein...


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            • > Le ravissement de Lol V. Stein 6 juin 2004, par Kala

              Bonjour,

              Je suis tombée par hasard sur vos critiques du roman de Duras, et je voulais réagir.J’ai énormément aimé ce roman non pas tant à cause de l’intrigue que par sa profondeur abyssale. Derrière cette histoire qui n’en nest pas vraiment une, se dit avec une beauté et une justesse étonnante l’impossibilité de dire et de vivre l’amour ; mais surtout Duras montre que le "symptome" de l’amour, de sa névrose, se situe bien au delà de l’histoire d’amour vécue, mais profondément en nous, dans un lieu casi indicible fait de douleur et de joie,de ce qui ressemble à Dieu entre tout et le néant. Ainsi le coup de foudre de Lol,à qui il manque quelque chose pour être "là" est le signe d’une maladie bien plus profonde encore à la racine de l’amour.Je n’ai jamais lu un roman qui parle plus justement de l’amour tout en ne disant rien, je veux rien de totalement saisissable, un peu comme le coup de foudre.


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              • > Le ravissement de Lol V. Stein 27 août 2004, par xtinella

                Bonjour,

                Je suis une étudiante et cette année, le ravissement est au programme. J’ai lu tous les articles et je voulais vous en remercier. Je viens de terminer la lecture de ce roman et je trouve tous vos arguments valables. J’ai pensé comme Catherine mais aussi comme Sophie. Je pense que ce roman caractérise le Modernisme.

                Pour ma part, j’ai surtout trouvé difficile de saisir la voix narrative au début de ma lecture. Je n’ai pas compris le personnage de Lola et je n’ai pas compris sa définition de l’amour. Je ne pense pas qu’elle soit folle, Marguerite Duras a créé un personnage qui est à la limite du courant moderniste.


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                • > Le ravissement de Lol V. Stein 10 novembre 2004, par Michelaune

                  En général, j’apprécie les oeuvres de Duras. Mais le "Ravissement" est tout de même du genre rebutant et j’en suis toujours à la page 80. Dur, dur de poursuivre. En fait, il n’y a rien ou presque dans cet opus... Avec un roman de Sagan, je n’ai pas ce pb, je suis pris dès la première phrase. N’est-ce pas ce qu’on attend d’un livre, qu’il vous prenne ?

                  Jean-Michel AUNE


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