Le petit copain de Donna Tartt

Dérive familiale dans le Sud américain des années 70

Le petit copain

Le jeudi 13 novembre 2003 par Feline

Le voilà enfin, le tant attendu deuxième roman de Donna Tartt. Dix ans que les lecteurs enthousiastes du "Maître des illusions" piaffaient d’impatience... Fini le monde universitaire, le milieu étudiant du Montana. Dans ce roman, l’écrivain situe l’intrigue dans le Mississipi des années 70, dans une petite ville dénommée Alexandria.

Une petite fille Harriet Cleve vit dans le souvenir du meurtre de son grand frère, survenu 12 ans plus tôt alors qu’elle était un bébé mais qui a totalement bouleversé son univers familial. Son père, homme violent et autoritaire, est parti et sa mère a sombré dans une profonde dépression et est devenue totalement irresponsable. Harriet vit donc dans un monde étrange, féminin, entre sa mère, sa soeur, sa grand-mère et les trois soeurs de celle-ci. Donna Tartt nous plonge dans le sud américain, encore profondément raciste, où la religion occupe une place prépondérante. La chaleur est lourde oppressante, tout comme l’ambiance familiale et l’ordre établi de la ville.

Lors d’un cours de cathéchisme, Harriet prend une décision et se fixe un but pour l’été : découvrir qui a pendu son frère à l’arbre situé devant l’ancestrale demeure des Hollingworths. Bien vite, elle se persuade que le coupable n’est autre que Danny Ratliffe, redoutable gangster, dangereux et drogué jusqu’aux os, qui était un camarade de classe de son frère. Danny est d’autant plus dangereux qu’il vit sous la coupe de son frère, Farish,complétement détraqué depuis qu’il s’est accidentellement tiré une balle dans la tête...

Commence alors pour Harriet, une terrible plongée dans un monde adulte qui la dépasse complétement et auxquel elle ne comprend rien. Elle décidera de mettre fin aux jours de l’assassin présumé de son frère afin de le venger et se retrouvera ainsi entraînée dans une suite d’aventures aussi folles que périlleuses.

Donna Tartt nous livre une nouvelle fois un roman très complet, très dense où la culpabilité joue un rôle central, comme dans "Le Maître des Illusions". Bien que cette fois la recherche du coupable importe peu, le suspense reste sous la maîtrise totale de l’américaine. Une fois encore, la drogue est très présente et la romancière excelle dans l’art d’en exposer les dérives. Elle traite de l’enfance mais évite le piège de materner son héroïne ou de la présenter comme une petite sainte. Au contraire Harriet est une petite fille très déterminée qui plonge dans un monde d’adulte, noir et violent. De nombreux critiques reconnaissent dans ce roman l’influence de Faulkner et de Dickens, deux auteurs dont l’écrivain américaine avoue être une grande admiratrice.

Malgré les indéniables qualités de ce roman, je ne parviens pas à me défaire d’un sentiment de déception. En ce qui me concerne, je n’y ai pas retrouvé ce qui avait fait de son premier roman un des livres qui m’ont le plus bouleversés. J’ai même franchement peiné à le terminer. Je l’ai trouvé trop long, trop répétitif avec une impression que la romancière brodait et meublait afin de nous livrer un pavé. Peut-être en attendais-je trop ? Ou tout simplement, est-ce que le sujet me touchait moins ? Je ne sais pas. Je mets tout de même quatre étoiles, car la qualité stylistique était bien présente et que j’ai le sentiment d’avoir lu un très bon livre, mais que j’avais sans doute trop idéalisé...


  • Commun  2 décembre 2011, par antihuman

    J’ai trouvé l’ensemble très décevant, d’autant plus que l’intrigue est plutôt inexistante, ainsi que déja vu tant de fois ailleurs. Enfin la vie universitaire décrite là-dedans est plutôt surréaliste !

    Presque banal - cela dit ça n’engage que moi... -


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  • > Le petit copain  18 novembre 2004, par milou
    je viens de le terminer et franchement je suis restée sur ma fin, le dénouement est un peu en queue de poisson, du coup je suis un peu déçue.de plus je l’ai trouvé très long (600 pages) pour en arriver à ce résultat. c’est dommage mais je vais quand même tenter de lire le maître des illusions afin de pouvoir comparer et me faire une opinion sur cet auteur
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  • > Le petit copain  18 mars 2004, par Dadoo
    Je suis en train de lire le Maître des Illusions et sauf erreur de ma part l’université est au Vermont et pas au Montana...
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