Le major parlait trop de Agatha Christie

A Caribbean Mystery

Le major parlait trop

Le jeudi 12 août 2004 par Sheherazade

Miss Marple se retrouve face à la mer des Antilles, aux couleurs saphir et émeraude, sous le chaud soleil des Caraïbes recommandé par son médecin suite à une pneumonie.

Son neveu lui ayant offert ces vacances de rêve, elle se demande un peu ce qu’elle fait là, car Miss Marple préfère, et de loin, être à St-Mary’s Mead. L’ennui lorsqu’on est une charmante vieille dame seule, tricotant pour s’occuper, c’est qu’on attire systématiquement les vieux raseurs bavards tels ce Major Palgrave qui parle vraiment beaucoup. Evidemment, lorsqu’on a reçu une éducation victorienne, on ne montre pas à quelqu’un qu’il vous ennuie, aussi laisse-t-elle son esprit vagabonder en observant les hôtes de l’hôtel.

Tout d’abord, les jeunes propriétaires, Tim et Molly Kendal, aux petits soins pour leurs clients ; ensuite, un vieux chanoine et sa soeur ; le colonel Hillington et Madame ; sans oublier la caricature des Américains, chère à cette coquine d’Agatha Christie, qui sont là pour observer les oiseaux ; une famille vénézuellienne et un médecin. Et finalement, le richissime et tyrannique Mr. Rafiel, vieil homme souffrant de rhumatismes et d’une mauvaise humeur chroniques, mauvaise humeur qu’il passe sans scrupules sur sa secrétaire et son valet.

Il reste aussi et surtout, le major qui parle à tort et à travers ; comme toujours la chère "Tante Jane" ne peut s’empêcher de comparer la nature humaine où qu’elle se trouve, que ce soit aux Caraïbes ou dans un village anglais.

A force de jacasser sans arrêt, on finit par attirer l’attention sur soi et le major est retrouvé mort. Pour tous, de mort naturelle : un coup de sang dû à la chaleur et l’abus de punch. Pour Miss Marple, une mort suspecte. Elle ne semble pas être la seule car la jolie employée antillaise semble aussi avoir certains soupçons et meurt avant de les avoir révélé à la police.

Du coup, Molly Kendal, la sympathique propriétaire, s’enfonce dans la dépression à tel point que son mari redoute qu’elle n’attente à ses jours, surtout que son épouse dit avoir des "trous noirs" dans son emploi du temps, redoutant d’avoir assassiné les deux personnes.

Miss Marple, de plus en plus inquiète, embrigade ce vieux bougon de Jason Rafiel afin d’observer et discuter de la situation ; bien que se prétendant agancé par cette "sotte bavarde", le milliardaire est ravi de ces conversations qui le changent de la routine de ses douleurs. Il se prend au jeu de la détection avec notre vieille amie et ils devront se hâter afin de déjouer les plans machiavéliques du criminel, pour le démasquer avant qu’il ne tue à nouveau.

Tout comme les vacances en compagnie d’Hercule Poirot, celles que l’on passe avec Miss Marple s’avèrent tout sauf ennuyeuses. Ce Caribbean Mystery qui se passe dans un coin de paradis pourrait bien devenir un enfer si notre détective en jupons ne s’en mêlait pas. Thank you very much, Lady Agatha.