Le fond de l’enfer de Ian Rankin

Hide and Seek

Le fond de l’enfer

Le dimanche 12 février 2006 par Sheherazade

Dans un immeuble délabré dans les bas-fonds d’Edimbourg, envahi par les squatters, le corps d’un jeune homme est découvert mort apparemment d’une overdose. Des signes tels un pentagramme sur un mur, la position du cadavre et des bougies consumées auprès de lui tenderaient à faire croire à un crime rituel. L’inspecteur John Rebus oriente donc ses premières recherches dans cette direction.

Peu à peu il lui semble qu’il se cache bien autre chose derrière cette simple overdose, d’autant plus que ce que le jeune Ronnie s’est injecté soit tout simplement de la mort au rat, ce qu’il ne pouvait savoir en achetant la drogue. De plus, une jeune femme, au tempérament plutôt violent, découverte sur les lieux, est terrifiée et demande l’aide personnelle de Rebus, tout en lui expliquant les dernières paroles que Ronnie lui a hurlé avant de mourir, paroles qui s’avèreront être la clé de l’enquête. Par ailleurs, il semblerait que le jeune homme était un excellent photographe amateur et qu’il pourrait avoir pris quelques photos compromettantes qui ont disparu.

Bientôt un autre cadavre va surgir, celui d’un important homme d’affaires écossais, mort par suicide. Rebus va mener son enquête à l’aide d’un jeune policier, à l’esprit particulièrement en alerte, l’aidant à rassembler des indices qui partant des bas-fonds, où règnent drogues et prostitution, mèneront vers les cercles plus privés de la haute société d’Edimbourg.

Edimbourg est une cité quasi magique ; c’est un lieu où les gens sont d’une gentillesse formidable et pourtant le portrait qu’en fait Ian Rankin, écrivain chouchou des Ecossais et des autres amateurs du genre, est effrayant. Il décrit les côtés les plus laids, les plus dramatiques de la cité, brossant un portrait bien peu amène de ses habitants.

Rebus quant à lui est un personnage vraiment complexe, empli de complexes de culpabilité, aimant le whiskey, mais pas uniquement le whiskey, d’autres alcools ne sont pas fait pour lui déplaire non plus. Ses relations avec ses collègues, avec les femmes, ne sont jamais simples et ne se terminent jamais vraiment bien. Rebus aime travailler seul, vivre seul, mais tout cela n’arrange guère sa sociabilité, il est touchant dans ses tentatives amicales ou affectives qu’il a bien du mal à mener jusqu’au bout. Chaque enquête de John Rebus est passionnante, pas étonnant que les Ecossais (et les autres lecteurs) adorent son auteur.