Le flux et le reflux de Agatha Christie

Le flux et le reflux

Le lundi 23 juin 2003 par Feline

Agatha Christie, je ne m’en lasse pas, et régulièrement j’en pioche un dans la bibliothèque familiale. "Le flux et le reflux" n’est certes pas le plus astucieux de notre grande dame du crime, mais il reste d’une honnête facture. Et puis quel plaisir de se plonger dans ces romans de détection et de retrouver notre ami belge, Hercule Poirot, et toutes ses petites manies, qui nous horripilent, avouons-le, mais nous le rendent en même temps si attachant. Même si le but avoué de la romancière était de ridiculiser mon "compatriote".

L’histoire débute avec la mort de Gordon Cloade, tué peu de temps après son mariage avec une jeune actrice, lors de bombardements sur Londres en 1944. Cette mort plonge toute sa famille dans l’embarras. En effet, il subvenait aux besoins de ses deux frères et de sa soeur ainsi que de leur famille respective, leur assurant qu’ils n’avaient à s’inquiéter de rien. Mais ce décès prématuré le laisse intestat et toute sa fortune revient à sa jeune veuve.

Il va sans dire, que cette dernière est peu appréciée, d’autant plus qu’elle vit sous la coupe d’un frère peu désireux de voir cet héritage lui glisser entre les doigts.

Mais bien vite, les pires rumeurs circulent sur le compte de la jeune femme. Son premier mari ne serait pas mort, ce qui rendrait son deuxième mariage caduc... Et quand un étranger surgit et s’installe à l’auberge du village, les mauvaises langues se déchaînent. Jusqu’à la découverte du cadavre de l’inconnu, le crâne défoncé...

Un chantage, une belle veuve, une famille lésée : tous les ingrédients d’une bonne intrigue classique sont réunis pour que le brillant Hercule Poirot fasse montre de son talent.

Mais je dois avouer que j’avais découvert une bonne partie de l’intrigue avant le dénouement. Une grande pratique de ce style de roman finit par nous faire connaître les ficelles du genre. Mais Dame Agatha a quand même réussi à me surprendre par un coup de théâtre auquel je ne m’attendais pas. Quel talent !

J’ai juste eu une petite déception (mais je n’aime pas le dire tant mon admiration pour l’écrivain est grande). Elle glisse presque systématiquement une petite romance dans ses récits et je dois avouer que dans celui-ci particulièrement, elle est à la limite de la mièvrerie.