Le fantôme de la tour Eiffel de Olivier Bleys

Péripéties sur le chantier de la Tour Eiffel

Le fantôme de la tour Eiffel

Le dimanche 28 novembre 2004 par Feline

Le roman débute en 1887, en même temps que la construction des fondations de ce qui deviendra une des attractions les plus célèbres au monde : la tour Eiffel. Le héros Armand, monte de sa province natale, son diplôme d’ingénieur tout frais en poche. Il réussit à se faire engager sur le prestigieux et ambitieux projet mis en route par Gustave Eiffel. Rapidement, le jeune homme, il est vrai un peu pédant, nous attendrit par son amour pour la jeune et pétillante Roseline, actrice au franc parler. Par un malheureux concours de circonstances, le jeune couple devient victime de Gordon Hole, machiavélique ingénieur américain qui voit en eux l’instrument idéal pour mettre à exécution son obsession : renverser la Tour.

Il s’ensuivra une séries d’aventures rocambolesques et jubilatoires dignes des meilleurs romans feuilletons qui ont fait la gloire de la presse populaire au 19ème siècle, dont il réunit les meilleurs ingrédients : le héros justicier et sympathique, une histoire d’amour et un méchant très très méchant. Tout cela au milieu d’une succession d’enlèvements, de courses folles sur la Tour, de sabotages, de tentatives de meurtres et de réunions spirites dans les caves de la morgue de Paris. Olivier Bleys se rapproche également du roman feuilleton par sa volonté manifeste de décrire la vie française et parisienne de l’époque : les faits historiques concernant la construction de la tour Eiffel, le personnage d’Eiffel lui-même (qui à lui seul vaut le détour), les costumes et les robes, les mœurs et surtout il fait revivre le Paris du 19ème siècle.

Autour du couple composé d’Armand et de Roseline, gravite toute une clique de personnages loufoques et hauts en couleur : Odilon, meilleur ami d’Armand, marié à une charmante médium, Apolline, qui dirige un excentrique groupe de spirites ; l’oncle Jules, délicieux vieux monsieur. Ingénieur à la retraite, il ne cesse de plancher sur des croquis, inventant même le premier soutien gorge ! Sans parler de Salomé, la ventriloque ou du Père la Pudeur, gardien de la morgue.

Le romancier français réussit donc à faire revivre ce genre disparu qu’est le roman feuilleton en évitant le style lourd et ampoulé qui le caractérisait. Il enrichit malgré tout son récit de termes de l’époque, donnant un ton original au roman. Ainsi les personnages jurent en disant « Saperlotte », ils chaussent des brodequins, exercent des métiers aussi divers que piqueurs, placiers ou chineurs et parlent de « pétaudière ». Les expressions les plus imagées, telles que « tu es piqué de la tarentule » ne nous sont pas non plus épargnées. Un plaisir qui ne se boude pas !

« Le fantôme de la Tour Eiffel » a reçu le prix du roman historique 2002.