Le diable de Glasgow de Gilles Bornais

Le diable de Glasgow

Le samedi 9 octobre 2004 par Sheherazade

Angleterre, août 1887. Joe Hackney est petit et laid, très laid ! Il est aussi légèrement bancal ; surtout n’allez pas lui dire qu’il est boîteux car il vous rectifiera le portrait de ses mains grandes comme des battoirs. Son père fut assassiné lorsque Joe était encore très jeune, face au pub dont il était propriétaire. Son assassin ne fut jamais retrouvé.

Après un détour en tant que délinquant dans les bas-fonds londoniens du 19ème siècle, Joe est devenu enquêteur dans la police d’Essex, ses anciennes relations lui venant particulièrement bien à point. Il est tellement doué comme enquêteur qu’en très peu de temps, ses supérieurs le renvoient à Londres, à Whitechapel où il est vraiment dans son élément.

Il y a arrêté tellement de malfrats et d’une façon si peu orthodoxe que peu après il est promu sergent et envoyé à Scotland Yard.

Son supérieur Doffey - qu’il méprise pour ne pas avoir trouvé l’assassin de son père - lui confie une mission à Glasgow où plusieurs crimes monstrueux o­nt été commis à l’aide d’une sorte de tournevis ou de couteau à fine lame rouillée. Ces crimes ressemblent à d’autres meurtres commis de la même manière bien avant ce mois d’août. Cela lui crève le coeur à Hackney de quitter Millie, sa prostituée préférée mais il n’a pas vraiment le choix.

A Glasgow, il a vite fait de comprendre que la police locale (qu’il méprise immédiatement, bien sûr !) patauge lamentablement et que si cette affaire n’est pas rapidement résolue, c’est lui Joe Hackney qui sera blâmé. Comme il préfère travailler seul, il délègue à son collègue écossais, Buchanan, toutes les tâches administratives ce qui va lui permettre de courir à travers l’Ecosse et l’Angleterre pour découvrir un assassin particulièrement diabolique qui tue sauvagement.

Malgré une intéressante description de l’Angleterre du 19ème siècle, je commence à être franchement déçue par les journalistes devenant écrivains.

D’accord, tous ne doivent pas être des futurs Pulitzer ou briguer le Nobel de littérature et je n’ignore pas que tous les journalistes ne travaillent pas nécessairement au Monde ou au Magazine Littéraire, mais là réellement je reste saisie par le style peu relevé et le vocabulaire plus que pauvre de Gilles Bornois. Déjà, je n’avais pas tellement apprécié le style de Jean-Christophe Grangé (malgré l’originalité de ses sujets), mais alors là c’est "record battu" ! Je suis bien consciente que dans les bas-fonds on ne parle pas comme dans les salons mondains, mais la pauvreté du langage ajoutée à la platitude du texte donne envie de pleurer.

Pourtant l’idée du livre, à savoir se baser sur une ancienne légende écossaise pour construire une histoire quelque peu surnaturelle, était intéressante mais, par pitié, que le rédac’ chef de l’Echo Républicain prenne quelques cours de français, parce qu’il faut qu’il sache qu’on n’écrit pas comme o­n parle dans un bar-tabac ou dans une salle de presse. Peut-être que très démagogiquement le public visé est celui des ados, là je pense que l’auteur a une chance de plaire ! Moi, c’est terminé, une expérience m’a suffit.


  • > Le diable de Glasgow  7 juin 2005, par juliette

    Bonjour !

    Je ne partage pas votre avis concernant le style et le vocabulaire de Gilles Bornais. J’ai davantage l’impression que vous n’appréciez pas a priori les journalistes publiés. Auriez-vous fait la même remarque ne connaissant pas son métier d’origine ?

    Au-delà de ce détail, je pense au contraire que Gilles Bornais a son style, et à quoi reconnaît-on un style ? C’est une voix, identifiable, cohérente, un art poétique en quelque sorte.

    En effet, Gilles Bornais n’est pas lyrique, au sens "classique" du terme. Il emploie des termes parfois proches de l’argot, de la langue du "titi parisien", mais cela ne manque pas, à mon goût, de style. C’est sa voix... ou plutôt la version française de la voix de Joe Hackney, son héros.

    Tentez donc d’autres livres de Bornais, dont "ALi casse les prix". Une intrigue totalement différente, et peut-être, une langue qui saura davantage vous séduire.

    Cordialement,

    Une lectrice fidèle de Bornais (mais aussi de Montherlant, Céline, Morand, Frégni, Proust...)


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    • > Le diable de Glasgow 7 juin 2005, par bastet
      comme je l’ai déjà dit à diverses reprises, je ne souhaite pas que la terre entière partage mes opinions qu’elles soient littéraires ou autres. Je n’ai pas apprécié ce livre, vous oui. C’est tant mieux qu’il y ait des goûts diversifiés, où en serions nous sinon ? Ce site n’aurait même pas lieu d’être.
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