Le dernier crime d’Agatha Christie de Christopher Carter

Le dernier crime d’Agatha Christie

Le mardi 6 avril 2004 par Sheherazade

Dans le château écossais de Lord Percival Kilvanock (détective-amateur, criminologue érudit et vrai gentleman), lorsque le fantôme de Lonecastle apparaît, c’est toujours présage de malheur et Nestor Pwryctswill, le majordome gallois ne se trompe pas : le malheur cette fois est l’annonce de l’assassinat du filleul de Lord Percival, le jeune et brillant égyptologue Howard Langton, tellement doué qu’il venait d’être nommé à un poste des plus importants au Caire, ce qui n’a pas manqué de susciter de vives jalousies.

Au point de l’assassiner ? Peut-être, à moins que l’honnête jeune homme ait découvert un trafic d’antiquités qu’il avait bien l’intention de révéler.

En tout cas, Lord Kilvanock a décidé de découvrir la vérité et pour appuyer son travail de détective auprès des autorités du Caire, il fait appel au Chef Superintendant Angus Dodson, l’un des meilleurs éléments de Scotland Yard. Ce dernier n’est guère enthousiasmé à l’idée d’aller transpirer en Egypte ; il tente de se réfugier derrière les tracasseries administratives mais c’est compter sans la détermination de l’Ecossais qui a pas mal de relations.

A Assouan, à l’hôtel Old Cataract où le crime a été commis, dans la suite même où la romancière célèbre Agatha Christie avait l’habitude de se retirer pour écrire ses romans, ils rencontrent le commissaire Abdel-Atif qui est plutôt furieux de voir ces Britanniques se mêler de ses affaires. D’autant plus que pour lui le coupable ne fait aucun doute : c’est Abou, le servieur nubien de l’hôtel, dont l’innocence est rapidement prouvée par notre lord. Pour lui le criminel est à chercher parmi les suspects ayant pris l’apéritif ensemble le jour du meurtre : une poignée d’égyptologues égyptiens et étrangers qui avaient tous des raisons de jalouser Langton, ainsi qu’un ex-trafiquant d’antiquités, par si rangé des voitures qu’il ne l’affirme.

En compagnie de notre aristocrate et de son compagnon, nous parcourons les sites les plus célèbres du Nil, à la recherche d’indices. Le malheureux Dodson ne rêve que bière fraîche et appel-pie ainsi que de brumes anglaises bien humides ; pour le superintendant, ce voyage tient autant du cauchemar que du rêve : rêve par la beauté des sites, cauchemar à cause de la chaleur et la poussière. Et aussi des chauffeurs égyptiens : une vraie calamité ; ils causeraient une dépression profonde à un mécanien de sa très gracieuse majesté. Vivement que la lumière soit faite sur ce meurtre.

Christopher Carter qui est Français, comme son nom ne le dit pas, a parfaitement rendu hommage à l’ambiance des romans de la Reine du Crime.

Ce petit polar très court qui se lit vite est un excellent hommage à Agatha Christie, l’atmosphère tendue entre les personnages et la description des paysages sont très bien amenées.