Le der des ders de Didier Daeninckx

Une enquête dans le Paris de 1918 : surplus américains et gueules cassées

Le der des ders

Le mercredi 20 août 2003 par Dadoo

Le narrateur a fait la guerre, la Grande Guerre. Il en est sorti vivant mais dégoûté par cette boucherie ignoble. Après l’armistice il a décidé de se reconvertir en détective privé. Il a gagné sa vie en allant chercher des amnésiques revenus du front pour des jeunes filles à la recherche d’un homme. Un célèbre Colonel le contacte pour une sombre histoire de maître-chanteur.

Au delà de l’enquête policière de bonne facture, Didier Daeninckx nous décrit plusieurs choses dans le Der des Der : Paris après la guerre (la Zone, les squatteurs anarchistes, les surplus américains, les boîtes de nuit et surtout la douleur des gueules cassées. Ces derniers sont décrits comme insupportables pour une France qui aimerait se contenter de leur élever de beaux monuments sur les places des villages.

Didier Daeninckx nous montre aussi les profiteurs de guerre : ceux qui se sont créer du prestige plus ou moins licite et ceux qui profitent de la désorganisation du pays pour gagner leur vie.

Bref le décor est assez sombre et pessimiste. L’auteur en créant un Léo Malet qui aurait lu Céline nous fait partager son dégoût pour tout ce qui symbolise la Grande Guerre : les militaires, les médailles, les profiteurs.

Au delà de ce thème on appréciera aussi la description d’un Paris méconnu : la Zone, les fortifs, la Butte-aux-Cailles où la Police n’ose pas venir...

A noter qu’une version BD est sortie illustrée par Tardi : le Der des Der