Le croque-mort a la vie dure de Tim Cockey

Le croque-mort a la vie dure

Le samedi 17 novembre 2007 par Sheherazade

Il s’appelle Hitchcock Sewell ; pas la peine de lui dire qu’il s’agit d’un nom bizarre, il le sait, on le lui répète assez souvent.

Il est beau gosse, du moins c’est sa maman qui le lui a toujours répété ; du moins avant qu’un camion ne percute la voiture conduite par son père conduisant sa maman à l’hôpital pour mettre sa petite sœur au monde. Hélas, il ne retrouvera ni les uns et ne connaîtra jamais l’autre. Il a été ensuite confié et élevé par sa tante Billie qui est dans le commerce des pompes funèbres et tout naturellement il a suivi cette même branche professionnelle : pépère, les clients ne vous font pas beaucoup d’histoires...

Sa meilleure copine est son ex-femme, Julia, dite Jools, superbe, excentrique, ne considérant pas le concept de la fidélité comme indispensable dans un mariage ; le couple n’a pas tenu mais l’amitié si !

Cette existence calme, et un peu ennuyeuse il faut bien le reconnaître, est sur le point d’être un peu secouée. Lors de funérailles, une créature de rêve est là, particulièrement bouleversée, dans une tenue des plus surprenantes : jupette de tennis, basket et sweatshirt ! Et pas vraiment stable sur ses longues et superbes guibolles.

Irrésistiblement attiré par ces yeux sombres (et par le magnifique physique, soyons honnêtes) comme un aimant, notre croque-mort va se retrouver entraîné dans une suite d’événements dont le meurtre n’est qu’un petit intermède.

La jolie jeune femme lui donne un nom, qui bien vite va s’avérer faux, puisque la véritable détentrice de ce patronyme va se retrouver dans le parloir de l’entreprise de pompes funèbres, bien morte d’un suicide. Lors de ses funérailles, l’homme avec qui elle vivait, beau gosse prof de tennis (il paraît qu’ils le sont tous, peux pas savoir, je suis nulle en tennis), bref le gars s’avère être totalement odieux.

Hitch, intrigué, veut en savoir plus et peu après, se retrouve convoqué au commissariat par un détective qui ne rigole vraiment pas car le prof de tennis en question, vil maître chanteur en plus de tout le reste, s’est fait assassiné de quelques coups de couteau ! Et comme notre croque-mort s’est battu la veille avec l’assassiné, il est conduit au poste où il est présenté à la personne menant l’enquête et qui n’est autre que sa ravissante inconnue au faux nom !

Comme il en est tombé raide amoureux, il va jouer au preux chevalier, sans peur et sans reproche, dans sa belle armure, prêt à délivrer sa belle des griffes de son supérieur, commissaire briguant le poste de sénateur, mais il est évident qu’il va mettre les pieds dans une bien sale histoire de corruption, de meurtres, de flics ripoux, de milliardaires véreux et d’épouse de sénateur batifollant tous azimuts, et d’autres petites joyeusetés qui transforment soudain une vie pépère en un tourbillon qui fait qu’on ne sait plus trop où on en est, mais qui vous change de la routine, ça c’est sûr. Quelques personnages hauts en couleurs traversent le roman, de la tante Billie toujours très calme, aux ex-beaux-parents d’Hitch, patrons du SOS Bar.

Dire que je suis séduite par le « croque-mort » serait fortement exagéré. J’ai acheté ce livre en raison du jeu de mots dans le titre : «  Le croque-mort a la vie dure » donnait à penser que cela allait être très drôle.

Je pense que cela doit être effectivement bien plus drôle en anglais, mais en français les blagues manquent réellement d’humour, j’ai trouvé que tout cela tombait réellement à plat, j’ai souri quelquefois mais j’ai dû me forcer. Et ceci au risque de me faire lyncher par les fans de l’auteur.

J’adore le style « slapstick », je suis une grande fan de Craig Rice, mais bien que présenté de cette manière dans les critiques anglo-saxonnes, en français cela passe vraiment mal, du moins fut-ce le cas pour moi et je le regrette sincèrement car l’intrigue est bien ficelée, avec un coup de théâtre final qui nous laisse une petite note de mélancolie au cœur, comme dans celui du héros.

Si je relis encore une enquête d’Hitchcock Sewell, croque-mort à Baltimore, la ville où naquit son auteur, ce sera en V.O. car même si j’adore les titres français qui comportent tous un petit clin d’œil (exemple : « Le Croque-mort préfère la bière » ... subtil non ?), ces romans ne se prètent vraiment pas à une lecture en français, l’humour étant bien trop typiquement américain, sans parler des multiples insultes qui franchement sont grossières en français, mais qui doivent passer plus facilement en V.O. De toute façon, les titres en langue anglaise (USA) sont aussi des jeux de mots du même acabit.

Il me semble qu’il y a une volonté de la part de l’auteur Tim Cockey de rendre un hommage - ou peut-être même d’imiter - les romans de Dashiell Hammett et son héros Philip Marlowe, détective privé, s’exprimant systématiquement à la première personne et se retrouvant tout aussi systématiquement dans une série de problèmes dus aux belles demoiselles qui jalonnent sa route.

Bref à suivre peut-être, mais ...