Le chant de Susannah de Stephen King

La Tour Sombre tome 6

Le chant de Susannah

Le mardi 11 octobre 2005 par Mario_Heimburger

Quel espèce de salopard ! Quel salopiaud de bordel de merde ! Oui, je le dis très fort, ce Stephen King est un enculé de première... Je sais, les réactions à chaud ne sont pas toujours les plus gracieuses, mais il faut le reconnaître, il l’a cherché. Terminer le sixième et avant-dernier tome du cycle comme il le fait relève d’un appel au meurtre.

Et pourtant non : il faut patienter, attendre jusqu’à la fin de l’année pour avoir une chance de voir s’achever ce cycle. Si l’auteur ne meurt pas avant. Le procédé est simple. Facile. Trop facile. Terminer sur une scène d’action. Ou plutôt, l’esquisse d’une scène. Une scène que pendant les 500 pages du bouquin, il décrit comme étant une scène centrale. Et puis la laisser en suspens. Là. Comme ça !

Pas de doute, il faut s’appeller King pour oser faire une chose pareille. N’empêche, 500 pages de bonheur. Un livre qui se lit avec les tripes, pas avec la tête. Trois jours pour l’avaler, et encore ! Une dizaine d’heures, à tout casser. Parfois, avoir une vie est bien encombrant ! Ca ne m’était pas arrivé depuis longtemps, en fait...

Donc, ce sixième tome traite tout entier de la fin de la grossesse de Susannah, qui s’était enfuie à la fin du tome précédent. Evidemment, c’est résumer un peu vite : il y a la suite de la quête de la Tour Sombre, les symboles qui réapparaissent et qui s’approfondissent. Même plusieurs incursions du côté du réel, entre l’auteur lui-même qui fait une apparition en guest-star et les Twin Towers de New-York. "La tour menace de s’effondrer", on le sait depuis le premier volume écrit il y a trente ans. Avec les événements de septembre 2001, la prophétie fait frémir.

Mais on reste dans le domaine du fantastique, bien sûr. Une espèce de quête infinie. Un chemin initiatique, autant pour les personnages que pour l’auteur lui-même. L’oeuvre d’une vie, comme on dit. On sera forcément déçu par le dernier tome. On espèrera même cette déception. Parce que ce sera la fin.

Le chemin est diablement efficace. Le style comme toujours vivant comme une scène au cinéma. Parfois au mépris de la grammaire. Un découpage rapide, qui ne laisse pas de répit. On se dit toujours : encore un chapitre, il ne fait que deux pages. Et avant qu’on ait compris, on se trouve à la dernière page.

Le cycle de la Tour Sombre est sans doute incompris. Trop de gens l’auront abandonné en cours de route, car attendre un roman pendant des années n’est pas du goût de tout le monde. Pourtant, le plus grand feuilleton du monde (je parle des feuilletons qui auront une fin, par les novellas et autres cycles infinis et bâclés trop souvent rencontrés dans le fantastique, la fantasy ou la SF) en vaut vraiment la peine.

Bientôt la fin. Le dernier tome vient de paraître : 950 pages pour "La tour sombre", septième et dernier volume... Il trône déjà au haut de ma pile de livres...