Le Sang de Venise de Maud Tabachnik

Le Sang de Venise

Le mercredi 11 août 2004 par Sheherazade

Jeune juive pleine de vie, très délurée (trop aux yeux de son fiancé et de sa communauté), Rachel Modena a toujours aidé son père, banquier ; elle s’est même forgé une bonne réputation dans ce domaine. Elle est promise à un jeune homme calme, fils du rabbin de la communauté, qui ne voit guère d’un coeur léger sa promise évoluant avec une liberté qu’aucune jeune femme juive n’ose se permettre, mais Rachel n’a aucune envie de partager le sort réservé aux femmes, c’est à dire être enfermée à la maison.

Dans la Venise du 16ème siècle, l’intolérance règne partout ; la cité des Doges est menacée par les Turcs et les Juifs sont systématiquement accusés de tous les crimes possibles ; ils sont le bouc émissaire privilégié des autorités, mais aussi - se demande Rachel - pourquoi se laissent-ils toujours accuser avec fatalité, sans se révolter, choisissant toujours "le livre au lieu de l’épée".

Lorsque des jeunes enfants sont retrouvés morts, vidés de leur sang, on hurle aux crimes rituels et le père de Rachel se livre aux autorités pour éviter que le sang de toute la communauté ne soit versé. Pourtant, il y a d’autres suspects : un médecin vénitien cynique, un moine prédicateur franciscain exalté et fanatique, dévoré de haine contre les Juifs.

Les superstitions sont bien ancrées dans l’esprit de la Renaissance - l’Inquisition n’est pas loin, bien que la République de Venise ait été l’un des seuls pays à ne pas chasser les Juifs, tout en les cantonnant dans un ghetto.

Malgré la vive opposition de toute sa famille ainsi que de son fiancé, Rachel va se lancer au secours de son père et découvrira la monstrueuse vérité concernant les meurtres d’enfants, une vérité bien éloignée de l’horrible accusation dont la communauté juive fait l’objet.

La mort, cependant, veille toujours à Venise en cette époque de manque de salubrité et celle qui l’apporte est sans pitié : la peste, qui ravage régulièrement l’Europe, va exiger son prix à Venise et son ghetto.

Sans avoir l’intensité, ni la beauté du texte du "Cercle de la Croix" ou "Les Piliers de la Terre" beaucoup plus riches en détails, ce polar historique écrit simplement, se lit plutôt vite ; bien que tous les personnages soient fictifs, le contexte historique est respecté et bien rendu.