Le Rameau Vert de Edith Pargeter

Deuxième volet de la saga des Talvace

Le Rameau Vert

Le mardi 19 juin 2007 par Sheherazade

Harry Talvace le Jeune a hérité du caractère fougueux, un peu imprévisible de son père, assassiné par Ralf Isambard. Elevé à la cour du prince gallois Llewellyn Ier, l’adolescent ne rêve que d’une chose : venger son père. Pour un Gallois, une "galanas" est sacrée.

Harry trépigne d’impatience à se lancer enfin seul sur les routes, malgré la gentillesse d’Adam qui a épousé Gillieis sa mère et l’a pris comme apprenti-maçon.

Après s’être lié d’amitié avec un chevalier anglais prisonnier à la cour, le jeune Harry, par un très malheureux concours de circonstance impliquant la reine Joan et le chevalier, va être victime d’une injustice telle qu’il fuit la cour, blessé, humilié, plein de rage et de fureur.

Pour lui désormais n’existera plus qu’un seul but : se rendre à Parfois, de l’autre côté de la frontière et tuer Isambard.

Aidé dans sa fuite par la petite Aleise, Harry parvient à s’introduire subrepticement, mais Ralf Isambard est un homme de ressources et il a repéré le jeune garçon bien avant que ce dernier ne se dévoile, Harry est fait prisonnier.

Va commencer alors, pendant une année au moins, un sinistre jeu de chat et souris, le chat étant bien sûr l’ignoble seigneur de Parfois. Celui-ci n’a rien perdu de sa cruauté et il va l’employer à tenter de casser Harry, de l’humilier à un point tel que celui-là ne pourra même plus retourner chez Llewellyn, son honneur étant mis en cause.

Harry le Jeune est aussi orgueilleux que son père, aussi ne cède-t-il pas à la fourberie d’Isambard, qui à aucun moment ne lève la main sur lui, mais au contraire le torture bien plus subtilement, en lui posant des questions, en lui distillant son venin, tentant d’introduire le doute dans l’esprit du garçon. Il lui permet même de découvrir l’atelier de son père et lui donne ses outils, ce qui permet au jeune Talvace de se découvrir le digne fils de son père.

La guerre sévissant à nouveau entre le Pays de Galles et l’Angleterre d’Henry III, monarque aussi peu efficace que son père Jean sans Terre, Harry reçoit l’autorisation d’Isambard de rentrer pour se battre aux côtés des Gallois, afin de ne pas être totalement déshonoré. A condition - car évidemment il y a une condition - de revenir à Parfois, se constituer à nouveau prisonnier. Talvace le Jeune accepte, car il a hérité du sens de l’honneur de Talvace l’Ancien mais aussi de son père adoptif.

C’est donc la mort dans l’âme qu’il quitte une fois encore sa famille et retourne chez les Anglais.

On parle beaucoup d’honneur dans ce deuxième volet de la saga des Talvace, il faut croire que les dettes de sang étaient monnaie courante au 13ème siècle.

J’ai eu quelque difficulté à m’intéresser à cet épisode au départ, car j’y retrouvais trop de similitudes avec le premier roman : trahison d’un proche, fuite, aide dans la fuite grâce à une enfant.

Finalement, c’est le duel entre Harry et Isambard qui a fini par capté mon attention, rarement ai-je ressenti une telle cruauté verbale, un tel besoin d’harceler et briser la volonté d’un être humain. C’est effrayant des gens qui croient disposer d’un tel pouvoir.

L’arrière-fond historique m’a également beaucoup intéressée. On se rend compte que même si elle romance l’histoire du Pays de Galles et de Llewellyn Ier, Edith Pargeter sait de quoi elle parle.