Le Pendule de Foucault de Umberto Eco

Le Pendule de Foucault

Le dimanche 21 novembre 2004

Un ouvrage bien différent du célébrissime "Nom de la Rose" et cependant tout aussi attachant pour peu que l’on accepte l’éternel jeu de cache-cache dans lequel nous entraîne ici ECO - et pour peu que l’on fasse l’effort de s’accrocher très fort aux premiers chapitres. (Les digressions paraissent en effet à l’honneur dans ce roman et ce n’est qu’à l’extrême fin, que le lecteur patient cesse de les considérer comme de simples digressions.)

Le livre débute par les déambulations vaguement hallucinées et certainement angoissées du narrateur, CASAUBON, par les salles du Conservatoire des Arts et Métiers, à Paris. Le but recherché : se laisser enfermer là pour y passer la nuit de la St-Jean et voir si, réellement le "Plan" existe.

Ce "Plan", CAUSAUBON en a entendu parler pour la première fois un certain nombre d’années auparavant, quand il concoctait une thèse sur les Templiers et que sa connaissance du sujet avait retenu l’attention de deux habitués du bar "Chez PILADE" qu’il fréquentait alors, dans l’Italie des manifs de 68. L’homme qui leur en avait parlé, à lui, CASAUBON mais aussi à ces deux habitués devenus bientôt des amis, Jacopo BELBO et DIOTAVELLI, lecteurs de manuscrits de leur état pour les Editions GARAMOND, se faisait appeler le Commandant ARDENTI et avait un jour mystérieusement disparu - avec le manuscrit qui évoquait le "Plan." Assassiné, probablement. Mais par qui ? ...

"Le Pendule de FOUCAULT" est un extraordinaire mélange de genres : intrigue mystérieuse, survol tout de même approfondi des divers grands courants religieux et philosophiques de notre monde, quête également d’un impossible Graal qu’on ne peut, en fait, découvrir qu’en soi-même et au prix de bien des dépouillements. Encore ECO laisse-t-il planer sur cette dernière certitude comme l’ombre ironique d’un ultime point d’interrogation...