Le Palais des Rêves de Ismail Kadaré

Le Palais des Rêves

Le jeudi 11 avril 2002 par Dadoo

Mark-Alem est le rejeton d’une grande famille d’origine Albanaise au service du Sultan. Sa famille décide de le placer dans une institution mystérieuse : Le Palais des Rêves. Conscient de l’importance des rèves, le Sultan a en effet décidé de collecter, trier, analyser et interpréter tous les songes de ses peuples. Cette tâche gigantesque est effectuée au Palais des Rêves.

Rentré comme un simple fonctionnaire, le héros va petit à petit faire corps avec l’institution kafkaienne et se détacher du monde réel. La "véracité" du monde exterieur perd de son évidence à mesure que tout semble plus gris et sombre. Cependant Mark-Alem fera l’expérience de l’influence de "son" administration sur le monde extérieur.

Le monde des fonctionnaires est très bien décrit par Kadaré, de même que l’aspect broyeur de l’administration. Il évoque aussi à l’occasion la position de l’Albanie, petite contrée dominée par un grand Empire (dans l’histoire les Turcs, en 1981 quand le livre sort, l’Empire Soviétique)...

Je trouve le livre moins brillant que Les Tambours de la Pluie mais le côté carcéral et déshumanisant rend l’ensemble assez intéressant.

Votre avis sur ce livre

Note : (33 votes)


  • > Le Palais des Rêves  1er mai 2003, par KaLitMalraux

    Je viens d’achever la lecture de ce "Palais des rêves" sur lequel je ne peux qu’avoir un avis très mitigé :

    Quelques réussites indéniables certes : L’idée de ce palais des rêves chargé de drainer et de centraliser l’inconscient collectif de tout un pays. La volonté de l’Auteur de nous créer cet univers bureaucratique, carcéral et déshumanisé comme l’a si bien souligné Dadoo...

    Mais malheureusement le sentiment de rester sur ma fin, et l’impression d’un auteur ayant lu Gogol "Les âmes mortes" (cf pour son ouvrage "Le général de l’Armée morte") ou notamment les oeuvres de F. Kafka (cf le Procés de F KAFKA) avec lesquelles il reste malheusement loin de rivaliser....

    Dans ce "Palais des rêves" soit disant deshumanisé où on en revient de manière sempiternelle à quelques protagonistes mal dégrossis... Une exploration et une ascension dans les arcanes de ce Tabir Sarrail qui semble s’être faite en deux coups de cuillères à pots... Une atmosphère angoissante ou oppressante que l’Auteur semble vouloir nous faire partager de gré ou de force avec des effets de style du genre "... l’atmosphère devenait opressante... (oui, j’admets, j’exagère un peu mais bon...)

    Bref, un regret : "le problème de Génération" ; je m’explique : Si Kadaré avait pu filer un sinopsis à Kafka qui lui en aurait fait un roman de 1500 pages ; celui là nous aurait sûrement mis une sérieuse Balle...

    Mais, à défaut de prendre nos désirs pour des réalités, Dadoo si tu n’as pas eu l’occasion de lire ces deux ouvrages, si je peux me permettre...

    F. KAFKA "Le procés" pour le caractére carcéral, déshumanisant là, tu vas être heureux... N. GOGOL "Les âmes mortes" où tu auras peut-être l’occasion de maudire un Auteur génial qui, en grosse feignasse qu’il était n’a jamais pris la peine de nous pondre une suite....

    Et pour ma part, pour ceux et celles qui ont des références qui égalent ces deux là, je suis preneur [KaLitMalraux]


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