Le Noël d’Hercule Poirot de Agatha Christie

Hercule Poirot’s Christmas

Le Noël d’Hercule Poirot

Le samedi 18 décembre 2004 par Sheherazade

Pour Hercule Poirot, Noël n’est pas nécessairement une fête heureuse en famille, d’autant plus que ces Anglais préfèrent un feu de bûches au confortable chauffage central... quelle barbarie ! En tout cas, la famille Lee tendrait plutôt à lui donner raison quant à la paix sur terre et en famille en cette saison.

Simeon Lee est un homme sans scrupule ayant fait fortune en Afrique du Sud de manière plutôt mystérieuse, et son seul plaisir dans la vie semble avoir été de semer la zizanie entre ses enfants. Son épouse est d’ailleurs morte de chagrin, ayant subi des humiliations et ayant été trompée tout au long de sa vie.

Résultat, le fils aîné Alfred, aimant son père envers et contre tout (et on se demande réellement pourquoi !) a pour bête noire le puïné, Harry. La fille des Lee, Jennifer, s’est enfuie, épousant un jeune professeur espagnol et ayant déshéritée bien entendu ; la jeune femme est décédée entretemps laissant derrière elle une petite fille. Restent encore George, politicien relativement en vue méprisant sa famille et David, le cadet, haïssant son père pour avoir fait mourir sa mère de chagrin.

Tout ce petit monde se retrouve donc au Manoir de Gorston avec leurs épouses et y sont rejoints par une adorable et peu scrupuleuse jeune femme, Pilar, disant être la fille de Jennifer ; elle a décidé de conquérir son grand-mère dans l’espoir de devenir sa seule héritière. Ce petit côté calculateur est fort au goût du vieux Lee. Arrive un autre invité inopiné, Stephen Farr, fils de l’ancien associé de Simeon Lee en Afrique du Sud. Tressilian, le vieux majordome du domaine ne sait plus très bien où donner de la tête, ayant par instant l’impression d’avoir des hallucinations. Comme on se l’imagine, l’atmosphère est assez tendue, Simeon Lee s’étant une fois de plus livré à son passe-temps favori, semer la zizanie ; le soir même, il se fait assassiner.

Hercule Poirot étant en visite chez un vieil ami, le colonel Johnston (celui qui aime les feux ouverts), ce dernier lui demande de seconder l’inspecteur Sugden afin de rechercher le meurtrier. Il est certain qu’il ne peut s’agir que d’un familier au manoir. Le motif est ou la vengeance, ou l’avidité, le vieil homme possédant une réserve de diamants bruts, ou la haine pure tout simplement.

Agatha Christie prend beaucoup de temps comme toujours à présenter les personnages au lecteur, tout comme au théâtre chacun se met en place selon le rôle que l’auteur lui a assigné.

Nous sommes, bien sûr, dans un manoir anglais typique, avec thé à 5 heures et personnel à tous les étages, vieux majordome fidèle à la famille qui l’emploie. Pas de réalisme à la Mankell mais les bulles de champagne masquent mal le poison distillé entre les protagonistes. Un très bel exemple de famille dysfonctionnelle, comme la Reine du Crime savait les décrire. Cependant, passer la Noël sans lire le "Noël de Poirot", c’est comme la dinde sans la garniture.

Un excellent moment de lecture.


  • Le Noël d’Hercule Poirot  8 mars 2008, par virginie
    Passionnée par la langue de Cervantès, j’ai donc lu ce lire en espagnol, et le plaisir est décuplé, car il faut lire et relire pour comprendre les subtilités de langage. L’histoire est passionnante, et le charme de Poirot est dans l’opposition entre son physique et ses petites cellules grises qui en font un genie de la recherche psychologique et des déductions. Je conseille vivement la lecture de ce livre qu’on peut lire sans s’arreter avant le denouement final.
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    • Le Noël d’Hercule Poirot 22 mai 2009, par ambre
      Tu a aimé ce livre,alors je te conseille de lire Mort sur le nil ,également d’Aghata Christie

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