Le Monde de Franquin de Franquin

Par les Marsu Productions

Le Monde de Franquin

Le samedi 4 décembre 2004 par Sheherazade

A l’occasion de l’exposition "Le Monde de Franquin" qui a lieu d’octobre 2004 à fin août 2005 à la Cité des Sciences et de l’Industrie, ce petit (beaucoup trop petit) recueil reprend des extraits permettant de découvrir ou de retrouver personnages et gags créés par un dessinateur et un poète d’exception.

Dans le monde de Franquin, il y a des inventions absolument géniales comme le Fantacoptère de Fantasio, l’ami de Spirou, ou le zorgléoptère de Zorglub, il y a les trouvailles du comte de Champignac (Pacôme pour les intimes).

Franquin adorait les animaux, le Marsupilami est là pour en témoigner. Mais celui qu’il préférait dessiner était surtout le chat de Gaston, souvent accompagné de la mouette rieuse prêts, ensemble, à tous les mauvais coups possibles pour dégotter de la nourriture. L’oeuvre de Franquin est un merveilleux bestiaire : que ce soient le Marsu et sa petite famille, menacés par la panthère ou face à d’autres animaux de la jungle palombienne, que ce soient les lions d’Afrique ou le rhinocéros du "Gorille a bonne mine", que ce soient les célèbres "Brothers", un trio de chimpanzés adoptés par Gaston, pas un animal n’échappe au crayon habile de ce dessinateur de génie.

Je pourrais encore vous parler de la tendresse du monde de Franquin, tendresse que l’on retrouve partout dans la relation de Gaston et Mademoiselle Jeanne, ravissante petite rousse binoclarde, où tout se joue dans un regard.

Au rayon de la tendresse on retrouve le petit Noel, enfant des quartiers moins aisés, où le père Noël ne passe pas toujours et les cloches de Pâques pas vraiment non plus. Heureusement, des amis mystérieux et des mésanges veillent sur lui. Qui d’autre pouvait trouver cette idée d’anges désobéissants, que le grand chef oblige à rester sur terre sous forme de mésanges (més-ange) afin d’aider les humains ?

Et comment ne pas parler de Gaston Lagaffe, ce garçon de bureau pour qui est l’exemple vivant du "Droit à la paresse" de Paul Lafargue . Chez Gaston une sieste n’est pas bêtement un moment où l’on dort, c’est le moment où, dit-il, je crée le plus ... et on veut bien le croire s’il l’on pense à sa machine qui fait le café goutte à goutte, mais quelle goutte ! un concentré de caféine pure. Ou encore le fameux Gaffophone.

Sans oublier les "Idées Noires" qui furent éditées pendant un temps dans "Le Trombone illustré", au moment de la rupture avec les éditions Dupuis, et qui furent ensuite hébergées par "Fluide Glacial" de l’ami Gotlib.

Découvrez encore les "Monstres", où le dessinateur laissait vagabonder son crayon au gré de son imagination. Je recommande encore la découverte de la Mitre Railleuse et vous verrez ainsi qu’être évêque peut parfois être très drôle et surtout irrévérencieux.

Chez Franquin, les personnages secondaires étaient aussi importants que les "vedettes" proprement dites et il est amusant de constater l’évolution du dessin au fil du temps. De Gaston aux prises avec Fantasio dans les premières gaffes au Gaston aux prises avec Prunelle, il y a quelques pas joliment franchis, tout comme Moiselle Jeanne, qui de "petit boudin" devient un bien mignonne petite boulotte au coeur battant. Il faut la voir "effeuiller" ses cactus pour savoir s’il l’aime...

Franquin était un écologiste convaincu pour qui les zoos n’auraient jamais dû exister et pour qui seuls les animaux avaient le droit de porter de la fourrure.

Il faut absolument lire TOUTE l’oeuvre d’André Franquin, c’est le plus bel hommage que l’on puisse lui rendre.