Le Grand Passage de Cormac McCarthy

Le Grand Passage

Le mercredi 30 mars 2005 par doud

Billy m’a pris avec lui et puis je suis parti et la lumière du soleil avec nous on a traversé le Mexique et le Texas et l’Arizona et j’ai vu comment l’humanité était sauvage plus que le loup et parfois douce plus que la plume et parfois les gens sont les deux mais ils sont eux-mêmes quand même et parfois non.

Et puis, avec Billy il avait son frère Boyd et Boyd est devenu une légende mais il y a des gens qui disent que la légende était née avant son frère : il n’y a qu’à écouter les loups la nuit ou un cheval mourir, il n’y a qu’à regarder un cavalier faire danser son cheval sur la crète devant le soleil. Et on se rend compte alors qu’on est parce qu’on est mouvement mais qu’on est aussi après qu’on est mort parce que la terre est la terre.

C’est un roman de passage, initiatique, violent, brûlant parfois, avec des éclairs de poésie qui doute sur l’humanité mais qui doute aussi sur ce doute. J’ai eu l’impression de lire Hemingway et puis Balzac, Baudelaire et puis Kerouac ou Steinbeck. Et d’avoir des images et des images tellement qu’il est devenu ma réalité parfois et ma réalité alors devenant un rêve dans lequel j’attendais de me retrouver avec mon livre le soir ou dans le RER pour enfin revenir dans la vraie vie avec de vrais chevaux et de la vraie poussière, comme le chat le matin cherche la souris qu’il avait chassée dans ses rêve la nuit-même.

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