Le Grand Escalier de Paul Couteau

Le Grand Escalier

Le mercredi 2 juin 2004 par doud

Et bam, encore une trouvaille de la librairie de Banon (Vaucluse), celle qui m’avait conseillé le traité de zen et de l’entretien des motocyclettes, mais comment fait-il ?

L’idée de l’auteur c’est d’abord de nous faire de plus en plus petit, descendre l’escalier des dimensions marche après marche, et sur chaque marche, nous exposer les phénomènes physiques les plus évidents à cette échelle. Et quand on arrive au niveau de l’atome, du quark voire du plus petit encore c’est vrai que c’est un peu pas comme dans la vie de tous les jours mais c’est tellement bien expliqué et poétique que j’ai eu l’impression de tout comprendre de la physique des particules et de la physique quantique.

Après, il nous emmène dans l’autre sens dans les très grandes dimensions (là ou l’espace est courbe, où l’on voit passer la lumière comme nous les goélands) jusqu’au bout de l’univers, et pareil, c’est un peu pas très naturel mais le Couteau le fait avec tellement d’humilité et d’élégance que j’ai pu enfin comprendre ce que c’est que la relativité générale.

Enfin, dans une image très belle décrite avec la sensibilité d’un poème d’Apollinaire, celle de l’océan de Plank, notre astronome physicien nous fait se rejoindre les deux « infinis », et j’en garde un souvenir ému.

Je passe sur l’explication du big-bang et la création de l’Univers, la visite guidée des différentes planètes du système solaire (comme si on y était), leur découverte...

J’ai appris énormément de choses sur la physique et je garderai ce livre pour référence ultérieure, mais il m’en est resté surtout la façon dont elle peut nous aider à appréhender notre relation au monde. D’abord, aujourd’hui, la science propose des solutions, elle ne les impose plus, et Courteau respecte très bien les limites entre la science, la philosophie et la métaphysique. Chaque fois qu’il se retrouve avec nous à une de ces frontières, il nous dit humblement que pour sa part il en restera là mais nous encourage à avancer dans d’autres réflexions, en nous conseillant de rester bien humbles nous-même dans nos réponses. Deux que ce qui nous parait normal ne l’est pas du tout ne serait pour un chat ou un dinosaure, je ne parle même pas d’un neutron ou d’une galaxie, et par exemple si on mesure entre un et deux mètres et qu’on pèse autour de quatre-vingt kilos c’est parce que c’est à cette taille que l’on optimise le plus dans les conditions normale de température et de pression sur la terre les différents phénomènes physiques qui s’appliquent à nous : température corporelle, forces de cohésion interne, poids. Et enfin, plus encore, l’absolu existe : le plus petit comme le plus grand a une limite. Nous ne vivons pas dans un monde fractal.

Après, le problème de ce bouquin c’est que j’ai une bonne culture scientifique, je ne sais pas si c’est abordable pour tout le monde. Je pense que si, mais en prenant le parti de ne pas forcément comprendre toutes les subtilités.