Le Dictateur et le hamac de Daniel Pennac

Un livre étonnant qui donne les clefs d’un bon roman

Le Dictateur et le hamac

Le mardi 29 juillet 2003 par Dadoo

On dirait que ce serait le dernier roman de Pennac et que ça parlerait d’un dictateur agoraphobe qui se fait remplacer par un sosie avant d’aller vivre tranquillement en Europe. Mais on dirait seulement car très vite Daniel Pennac nous balade de disgression en disgression. De personnages secondaires en récits autobiographiques...

Petit à petit Pennac nous raconte une autre histoire. En fait plusieurs autres histoires : Valentino et Chaplin à Hollywood, la dictature en Amérique du Sud, son séjour dans le mystérieux Intérieur du Brésil etc...

Au fil des disgressions on apprend comment Pennac invente ses histoires et ses personnages. Ce qu’il aime, ce qu’il n’aime pas. C’est aussi son personnage qu’il construit au fil des pages.

On assiste même à la création de toutes pièces d’un autre personnage, pour donner une touche féminine au roman. Et ce personnage prend vie et commente ce que Pennac écrit sur elle... On est en plein mise en abîme et on ne sait plus très bien à quel niveau on doit comprendre ce qu’on lit... et c’est tant mieux.

Finalement, avec ce "roman" Pennac se donne toute la matière première pour faire disserter ses élèves pendant de longues années sur le concept de personnage dans un roman, sa liberté, la liberté de l’auteur etc... Le tout en nous racontant des tas d’histoires toujours intéressantes et agréables.

Ceci dit, si vous n’aimez pas aller chercher dans "Comme un roman" le droit de ne pas le terminer !

Voir aussi la critique de Tetalenvaire sur Critiques Ordinaires


  • > Le Dictateur et le hamac   22 août 2004, par eileen

    Pennac , encore et toujours égal à lui même ! Merveilleux , cela va sans dire . Parfait même . Il n’y a que lui pour écrire comme ça . Cet humour impassible , permanent , qu’on voyait déjà dans son excellente trilogie "au bonheur des ogres - la fée carabine - la petite marchande de prose " . Je ne m’en lasse pas . Je me (rerere)prends toujours à éclater de rire aux mêmes endroits , à retenir mon souffle aux passages révélateurs et à être émue à chaque coin de page ... cependant , je me pôse encore une question concernant le Dictateur et le hamac : Quelle est donc cette famause ouverture aux échecs , celle de Perreira , qui "lui permet d’obtenir à coup sûr la victoire , mais tout en rendant la partie interminable " ?... Ammateurs d’échecs , j’attends votre réponse !

    Mais en attendant , à quand le prochain livre , monsieur Pennac ?


    Répondre à ce message
  • > Le Dictateur et le hamac   18 août 2004, par Mario Heimburger

    "Comme un roman" parlait du travail du lecteur. Ce livre nous expose le point de vue de l’auteur : il a parfaitement le droit de révâsser à son histoire. Il choisira dans une multitude de possibilités celle qui deviendra vraie dans son livre, et croisera ces éléments avec sa vraie vie pour donner du corps au réçit.

    "Le dictateur et le hamac", c’est la genèse d’un roman, le parcours d’un auteur sur le chemin de son prochain roman. Extrêmement instructif, c’est la meilleure réponse aux sempiternelles questions des journalistes : "comment avez-vous eu l’idée de votre roman ?". Pennac n’aura plus désormais qu’à tendre ce livre et à retourner dormir dans son hamac. Quand je disais qu’il est intelligent, cet auteur :)


    Répondre à ce message
  • > Le Dictateur et le hamac   20 septembre 2003
    Je ne connaissais pas Pennac et j’avais acheté le livre parce que le titre m’intreguait. Jamais un livre ne m’avait autant baladé, je ne savais plus ou j’en étais. Ce jeu entre l’imaginaire et la réalité donne un certain picant à la lecture et le sentiment d’etre perdu sur une terre inconnu. Peut etre que je le relirais d’ici quelque mois pour voir si cette impression est toujours la même.
    Répondre à ce message