Le Cheval d’Orgueil de Pierre Jakez Hélias

Le Cheval d’Orgueil

Le mardi 9 juillet 2002 par Dadoo

"Trop pauvre que je suis pour posséder un autre animal, du moins ’le Cheval d’Orgueil’ aura-t-il toujours une stalle dans mon écurie ". Elevé dans la civilisation Bretonne en pays bigouden au début du siècle, Pierre-Jakez Hélias trace le portait de cette culture aujourd’hui disparue.

Loin de tout misérabilisme et d’une trop grande nostalgie il montre au travers de l’exemple de sa vie que cette civilisation avait autant de valeurs qu’une autre.

En l’étudiant en ethnologue impliqué il nous donne à réfléchir sur la façon dont les ethnologues occidentaux travaillent en "étranger".

Son objet n’est pas de défendre un mode de vie passéiste, ni de demander une reconnaissance particulière pour sa région : il se contente de battre en brèche l’idée d’une sous-culture paysanne et bretonne.

Au final on a une image d’une culture méprisée mais digne et mystérieuse qui a sans doute beaucoup à nous apprendre sur ce que nous sommes devenus. De plus la lecture du roman est très agréable car Pierre-Jakez Hélias joue admirablement du récit autobiographique et du récit "exotique" pour nous amener là où il souhaite nous voir venir...


  • > Le Cheval d’Orgueil  13 mars 2004, par bastet
    votre analyse du livre est excellente, cependant j’ai eu - pour ma part, au contraire de vous - une grande impression de nostalgie passéiste, sans que cela enlève quoi que ce soit à l’intérêt du propos. Je trouve toutefois que tous les livres de la collection "Terre Humaine" doivent être découverts car tout comme celui de Jakez-Helias ils sont le témoignage de modes de vie révolues mais importantes à connaître.
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    • > Le Cheval d’Orgueil 18 mars 2004, par Dadoo

      J’avais trouvé à la lecture du Cheval d’Orgueil que PJ Hélias parvenait assez bien à éviter l’écueil du "c’était mieux avant". A mon sens il se contente de montrer à quel point la logique du "progrès" qui a amené la France républicaine et laïque a attaquer violemment ses spécificités régionales était toute relative, ce qui ne veut pas dire qu’il rejette la modernité en tant que telle.

      Effectivement le regard à la limite de l’anthropologue de Pierre Jakez Hélias est vraiment pertinent pour comprendre cette civilisation pas si loin de la notre et pourtant si différente... je gage qu’il en de même avec de nombreuses autres civilisations.


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