Lalana de Michèle Rakotoson

Lalana

Le jeudi 21 novembre 2002

Le mythe d’Orphée m’a toujours hantée. Cette décision d’aller au bout de l’enfer pour retrouver l’être aimé, son intégrité et sa dignité est tout simplement fascinante. Dans "Lalana", deux hommes s’aiment. L’un va mourir, d’une maladie taboue chez nous : le Sida. Son ami va l’accompagner dans son dernier voyage : la mer.

Sans cris, tout en chuchotements, les chuchotements de ceux qui affrontent la mémoire collective, les oublis de la mémoire, les oublis tout court. Ils prendront la route pour traverser Madagascar, un Madagascar où tout est symbole : les églises, les nefs des fous, les cortèges d’esclaves ou le Dieu des rebelles. Tout au long de ce livre, ma hantise fut de ne jamais dépasser la limite fragile entre réalité et fiction, ainsi que les limites intangibles des no-man’s land à la frontière de la mort.
J’ai voulu la plus grande dignité pour mes personnages.

Michèle Rakotoson