La trahison des Dieux de Marion Zimmer Bradley

La Guerre de Troie vue par les femmes

La trahison des Dieux

Le dimanche 16 mai 2004 par Sheherazade

En ces moments où "Troie" est à la mode, ce livre offre une version féminine et féministe de l’Illiade, assez différente de l’apologie aux faits héroïques des hommes que nous a apporté Homère.

Cassandre, prêtresse d’Apollon, dotée du don de voyance et condamnée par le dieu à dire la vérité sans jamais être crue pour lui avoir résisté, conte la malédiction que les dieux apporteront à sa ville.

Les principales protagonistes de cette version de l’Illiade, en sont les femmes. L’histoire, contée par Cassandre, commence par Leda, reine de Sparte, épouse de Tyndare, releguée au gynécée alors que Sparte était son royaume ; elle sera séduite par Zeus et enfantera Hélène (celle par qui le malheur arrivera), Clytemnestre, Castor & Pollux. Ce prélude met les ingrédients de la Guerre de Troie bien en place.

Hécube - soeur des Amazones - malgré sa force de caractère, est aussi reléguée au gynécée, pour Priam son rôle doit se limiter à mettre des enfants au monde ; l’image de Priam ici est celle d’un "pater familias" autoritaire, terrorisant littéralement son entourage. Lui aussi a accaparé le royaume de son épouse après leur mariage. Il essaie de dompter sa fille Cassandre, dotée d’une très forte personnalité, ses autres enfants osant à peine élever la voix contre lui, parmi lesquels le fatidique et faible Pâris.

Achille, Agamemnon, Menelas sont dépeints comme des individus limite psychopathes, avides de gloire et de sang, les richesses de Troie sont leur seul but dans cette guerre monstrueuse, la revanche de l’homme trompé étant le faux prétexte. On y trouve aussi Ulysse, le beau parleur, celui qui imaginera le cheval et qui trompe ses anciens amis de la cité de Troie, dont il était un invité privilégié.

Cassandre sera la seule à témoigner de l’amitié à Hélène, lorsque celle-ci arrivera à Troie, et ce malgré la prophétie annonçant la destruction de la cité par Pâris et Hélène. C’est cette bonté témoignée à Hélène qui vaudra à la jeune femme d’avoir la vie sauve lorsque Clytemnestre la découvrira avec son nouveau-né dans le butin d’Agamemnon, après le sac de la ville.

Une petite surprise cependant dans cette version-ci, est la douce Andromaque, fille de Penthésilée, reine des Amazones, qui avant d’épouser le vaillant Hector, fera un détour par le pays de sa mère pour apprendre le maniement des armes.

Comme dans ses ouvrages précédents, l’auteur insiste sur le mythe de la déesse-mère, souveraine supérieure aux dieux masculins, mais supplantée par eux dans le coeur des hommes sous prétexte de l’infériorité des femmes. Comme dans la version d’Homère, l’auteur fait vivre le lecteur dans un camp comme dans l’autre, elle lui fait partager les petites victoires et les grandes mesquineries de tous. L’auteur décrit très bien la lutte pour le pouvoir, que ce soit du point de vue des humains (hommes contre femmes) ou de point de vue des dieux (déesse-mère et autres déesses importantes contre dieux masculins et capricieux).

Un seul bémol peut-être : le livre est construit de manière totalement similaire au chef d’oeuvre de Marion Zimmer Bradley : The Mists of Avalon, et donne dès lors une impression de "déjà lu".

Un autre article de MaBibliothèque.Net a été écrit sur ce livre : La trahison des Dieux


  • > La trahison des Dieux  17 mai 2004, par Dadoo
    Plus que du "déjà lu", j’ai été un peu déçu par le caractère outrancier de sa description féministe. Autant j’avais trouvé ça plaisant et bien vu dans Avalon autant là ça m’a paru un peu lourdingue et sans queue ni tête...
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    • > La trahison des Dieux 17 mai 2004, par bastet
      ta réaction est normale, puisque tu appartiens au sexe dit fort et c’est vrai qu’ici elle insiste assez lourdement sur l’aspect féministe (mais moi j’aime bien ;-))
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