La symphonie pastorale de André Gide

La symphonie pastorale

Le jeudi 19 août 2004 par Mario_Heimburger

Pourquoi n’ai-je jamais été tenté de lire André Gide par le passé ? Pourtant, ses ouvrages sont foison sur les étagères, son nom n’est pas inscrit à l’Index de mes souvenirs scolaires et son oeuvre est assez respectée par tout le monde...

De prime abord, le style fait très XIXème, avec ses circonvolutions, ses mots savants, même son inspiration religieuse. Reprenant de loin la thématique de Notre-Dame de Paris et de l’amour-damnation, Gide nous raconte l’histoire de ce pasteur d’une vallée montagneuse Suisse qui receuille une jeune aveugle restée en dehors de la communauté des hommes pour faire son éducation. Rapidement, Gertrude, le nom qui est donné à la pauvre jeune fille, découvre le monde, la foi et les fleurs par les yeux du pasteur. Ce dernier découvrira bien tard ce que tout le monde devine autour de lui : la naissance d’un amour interdit qui amènera cet homme à s’éloigner de sa femme, de ses enfants, et finalement de Gertrude elle-même...

Mettant en scène les contradictions entre l’amour humain et les commandements de Dieu, entre les devoirs moraux, la bonté d’âme et les alibis que toute personne se forge pour justifier ses actes, Gide dévide son histoire tranquillement, avec quelques à-coups romanesques, mais de manière inexorable et précise.

Un bon moment de lecture, qui montre que les années 20 ne sont pas si éloignées du XIXème où se situe d’ailleurs l’action. Sans révolutionner le roman, cette historiette a sa place dans une bonne bibliothèque...


  • La symphonie pastorale  3 septembre 2007, par philou
    Gide est et reste un l’auteur indispensable pour comprendre la littérature du xxème siècle. La symphonie pastorale n’est pas un petit livre ni une historiette, mais bien un grand livre comme l’ensemble de l’oeuvre de Gide. Cette oeuvre est parfois amorale, souvent en avance sur les moeurs de l’époque, si bien qu’il ne faut pas la lire comme un lecteur du XXIè siècle, mais se replonger dans le début du XXè. De la Grande bourgeoise française, ce qui lui permit, entre guillemets, de ne jamais travailler, protestant, sympathisant communiste et homosexuel, parfois dérapant vers la pédophilie, Gide fit évoluer les moeurs, notamment sur l’homosexualité (corydon), la dénonciation du stalinisme (retour d’URSS), de la colonisation (voyage au Congo), mais on peut véritablement se questionner sur certaines oeuvres qui raconte l’amour physique entre un homme et un jeune adolescent ! La symphonie pastorale, dans l’oeuvre de Gide doit être considérée comme une ode à l’amour, un amour impossible. Livre inclassable dans l’oeuvre de Gide comme chacun de ses livres. Gide ne fait pas parti de ces auteurs qui se répètent de livre en livre. Bien au contraire, les caves du Vatican, les faux monnayeurs, La porte étroite, Isabelle, Paludes etc sont tout aussi atypiques.
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