La revanche de Sylla de Colleen McCullough

La Saga des Maîtres de Rome - Deuxième tome

La revanche de Sylla

Le mardi 14 août 2007 par Sheherazade

La Couronne d’Herbes, l’une des plus importantes récompenses pour un général romain. IMPERIUM - terme latin désignant, dans la Rome antique, le pouvoir suprême détenu par un roi, l’équivalent d’un dieu sur terre, mais attribué aussi plus tard à certains magistrats (gouverneurs provinciaux, consuls, prêteurs). Dans l’expression « imperium romanum » il fut utilisé dans le sens de « territoire », c’est-à-dire de l’Empire romain qui régna sur une partie du monde. Tout le monde à Rome rêvait de posséder l’Imperium.

En fait l’ « Imperium » prend son origine chez les Etrusques, ces soi-disant barbares dont les richesses faisaient envie à Rome ; l’imperium était le droit de consulter les auspices. Ce pouvoir est avidement convoité par ceux qui souhaitent être les Maîtres de Rome.

Lorsque le deuxième volume des « Masters of Rome » commence, Gaius Marius et Sylla sont toujours alliés même s’ils ne sont plus beaux-frères que par le cœur, puisque l’épouse de Sylla, la plus jeune fille de la « gens » Julia s’est donné la mort. Marius lui a épousé la fille aînée, une sage et respectable jeune femme digne du titre de « matrone » romaine.

Les deux hommes ont vieilli, Marius a été frappé d’ une attaque cérébrale dont il a récupéré, sauf au niveau du caractère où ses changements d’humeur sont lourds à son entourage. Lucius Cornelius lui est toujours dévoré d’ambition et sa haine des femmes ne s’est pas arrangée non plus. Même sa fille n’est rien d’autre qu’un pion qu’il n’hésite pas à battre si elle le contrarie.

Ce fait n’a rien de surprenant dans la république romaine où les filles ne servent qu’à sceller des alliances entre familles dominantes afin de dominer encore plus. Seule Aurelia, la femme de Gaius Julius Cesar le Jeune (père du jeune Jules), échappe un peu à cette malédiction ; par la volonté de son père, elle est la propriétaire d’une « insula », qu’elle gère avec sagesse et dont les revenus lui assurent un avenir indépendant. Son époux, souvent absent, administre ses terres étrangères et désapprouve le travail de sa femme.

Chacun le sait, l’ambition ne connaît pas de limites et les alliés d’un temps deviennent rapidement des ennemis jurés . Marius et Sylla n’échapperont pas à ce destin.

Au gré de guerres, les hommes se font et se défont. A Rome, ce fait est monnaie courante. Rome doit faire face aux dangers qui la menacent, à savoir les autres états d’Italie et Mithridate le roi de Pont-Euxin qui a juré sa perte. Sans oublier la guerre civile fomentée par Cinna, dont Marius tirera profit pour revenir de son exil africain et se faire nommer consul une septième fois, avant de mourir mais non sans que ses partisans (les marianistes) ne restent au pouvoir grâce à Lucius Cornelius Cinna.

Comme le dira si justement Jules le Jeune, plus tard : « alea jacta est » ! (on le découvrira dans l’un des prochains volumes de la série).

Je poursuis donc courageusement la laborieuse lecture de cinq (sur six) volumes de l’histoire romancée des « Masters of Rome », sortis tout droit de la plume de l’Australienne Colleen Mc Cullough et ne comportant pas moins de 900 pages chacun !

Une série certes bien documentée au niveau purement historique, mais qui dilue ces connaissances dans des anecdotes et des dialogues dignes d’une série à l’eau de rose.

Avouons-le carrément : il s’agit ici d’une lecture « en diagonale », afin d’aller plus vite. D’accord les livres ont mis 15 ans à sortir de l’étagère, mais ce n’est pas pour cela que je dois mettre 15 ans à les lire, je ne suis pas masochiste à ce point-là.

J’aime beaucoup l’Histoire vue par le petit bout de la lorgnette, je suis une grande fan de Maurice Druon et de ses « Rois Maudits » mais également d’une longue série d’autres auteurs s’étant servi de l’Histoire pour faire fonctionner leur imagination.

Le problème de Colleen Mc Cullough, c’est que non contente d’avoir une certaine imagination, elle a absolument voulu prouver aussi qu’elle était érudite et s’était réellement documentée à fond sur Rome et ses sbires, du coup chaque volume comporte allègrement 900 pages, plus un lexique de 100 pages, heureusement le même à travers toute la série, ce qui permet de ne plus le lire à partir du second tome.


  • La revanche de Sylla  9 janvier 2008, par Nemie
    Je suis d’accord avec vous sauf sur le fait que Mme McCullough ait voulu faire preuve de pédantisme. Certes, elle est érudite et donne moult descriptions dans son roman, mais je crois plutôt que c’est pour nous apprendre quelque chose et non pour nous rabaisser. De toute façon, il faut bien (malheureusement !) avouer que les premiers à lire ce type de littérature (et de sujet historique) sont les "connaisseurs"...
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