La petite fille silencieuse de Peter Hoeg

La petite fille silencieuse

Le dimanche 14 novembre 2010

En raison de l’ambiance sonore servant de toile de fond, ce roman, qui raconte une histoire d’enlèvement mettant en scène un clown, un groupe de spéculateurs, un ordre religieux ainsi que des enfants dotés de qualités très spéciales, fait en quelque sorte penser à un spectacle musical, un spectacle que, pour peu, l’on pourrait classer sous le genre tragi-comique.

Mais au-delà du fond, cette orchestration vise également à traduire, par le biais du son, une certaine perception de la réalité.

On peut d’ailleurs avancer que la plus grande qualité de ce roman se trouve dans cette volonté non seulement d’intégrer au récit un aspect sonore ou musical mais aussi d’en traduire le sens, un exercice qui est habilement accompli.

Toutefois, même si l’on se laisse facilement bercer par cette trame sonore, l’histoire, trop mince voire invraisemblable, ne parvient pas pour sa part à maintenir l’intérêt et constitue de ce fait un bien piètre support au développement des thèmes qui y sont abordés.

Au reste, la sauce ‘pro-féministe’ dans laquelle tout cela nous est servi, laisse percer un arrière goût d’intentions mercantiles.

Le personnage principal, un clown musicien, doublé d’un individu doté d’un sens de l’audition exceptionnel, est difficilement crédible dans son triple rôle de star du cirque, d’homme paumé et de super-héros, si bien que plus on avance dans le récit, plus on a du mal à vouloir le suivre. L’action, qui émule le genre policier, tient plus souvent du spectacle que de la vraisemblance. Elle ne convainc pas d’autant qu’elle est décalée par rapport au ton ou l’esprit par ailleurs littéraire du roman.

Outre, ce décalage des genres entre le récit et la narration, la structure intentionnellement déconstruite et morcelée d’un récit autrement linéaire, confond plutôt que de créer le suspense. L’intérêt en prend un coup ici aussi.

Bref, malgré tout ce qu’il a de potentiel, ce roman ne remplit pas ses promesses.