La part manquante de Christian Bobin

La part manquante

Le jeudi 12 janvier 2006 par Catherine Fleur

Hier, alors que je ne connaissais pas encore le parfum de cette fraîche journée hivernale ... mon voisin et ami : Mike, m’invite à boire un verre en ville, à Montpellier. Ce jour là, je peux croire que mes rendez vous avaient prévu cette invitation inattendue, j’étais donc libre les heures à venir.

Je commençais, continuais à découvrir ma vie.

Dans un bar abrité d’un paravent en plastique, sur une place du centre ville, curieuse douceur partagé avec un serveur très ... comment dire ... très plaisant à regarder ou même plus, à écouter aimer les gens qu’il allait servir d’un café, d’un chocolat chaud ou peut-être d’une bière blanche, ce qui fut mon choix. On a rigolé, on a aimé ce moment relié à la vie dans une ville tout simplement.

L’heure de la faim approche, et doucement le serveur vient nous ouvrir la porte en plastique pour continuer notre route vers plus loin, dans la ville gonflée de restaurant chauffé, attendant les humains en faim.

Nous voila donc, Mike et moi, , dans la foule réchauffée de la ville, dans la rue fraîche de la loge, sous le soleil méditerranéen brillant de cette fin d’année.

Nous avons partagé une belle assiette sous les voûtes de la ville, dans un restaurant plein de gens mangeant.

Le cadre était sujet de rigolade pour nos cœur d’enfant retrouvés.

Mon regard se posait dans ceux d’autres enfants qui cherchaient déjà un espace plus grand que ce lieu d’attente, où les plats souhaitaient se glisser sous nos fourchettes et couteaux ... l’assiette était bonne ... la tarte aux pommes-chantilly aussi.

Nous sommes re-sorti dans le froid de place de la comédie ... La scène se vit dans la fraîcheur, croyez vous que les accessoiristes ont oublié le chauffage ? non, c’est la fin de l’année, c’est le mois de décembre qui nous offre ces derniers moments de vie, avant 2006.

Nos pas se dirigent vers notre librairie préféré dans laquelle j’aime oublier le temps.

N’ayant point d’argent, je regarde les images me surprendre, les titres se découvrir afin de deviner une histoire que je pourrai écrire ... C’est divertissant, comme une récréation fin décembre, le père Noël est passé, la nouvelle année rappellera qu’ « heureusement on va vers l’été » ...

Mike connaît les livres, bien plus que moi.

Il en attrape un , dans ses grandes mains, il s’approche de moi, et me dit : ce livre est pour toi.

C’est la part manquante, de Christian Bobin.

Ha . ....................................

A l’aise dans cette grande librairie, j’aime partager des regards de mots qui se mêlent aux sourires humains d’un instant.

Nous voilà donc parti vers la gare Saint Roch pour attendre le bus N° 7 et rentrer vers notre résidence, un petit sac à la main avec la part manquante.

Ce moment se termine par un café guitare au soleil sur son canapé, du 15 A Rue de la F., j’ouvre mon paquet, lui rappelle qu’une page attend une dédicace ...

Après un chocolat café, je m’en vais, vers mon entrée E, Rue de la F., mon petit paquet à la main.

Il fait vraiment frais dehors.

L’après midi se termine, et je commence à parcourir ce livre qui patientait et prévoyait le silence de ma lecture.

Merci Christian Bobin, pour votre écriture ... Merci Mike S., pour ce cadeau ...

J’ai exploré les pages de ce roman avec une soif grandissante d’écrire ... d’écrire ... et encore d’écrire ... les idées et les lettres de l’alphabet se bousculent et se surprennent sous mes doigts qui caressent le clavier avec détermination.

Merci de m’avoir lu.

Je dédicace cette page à mon père Jacques, poète ; à mon frère Denis, chercheur de sa vie ; à ma sœur Isabelle, assoiffée de lumière ; à mon fils Olivier, jeune homme d’aujourd’hui, que j’aime comme cette femme sur la couverture, je l’ai aussi porté sur ma hanche en regardant au loin l’espace de cette chance de vie qui nous attendait jour après jour ... je l’ai regarder grandir avec des yeux d’amour ... j’ai appris à l’aimer sans attendre ... car je savais que comme la flèche d’un arc ... il s’envolerait dans sa vie ... avec sa chérie ... et à ma mère, qui m’a mis au monde afin de grandir dans les parfums, les sons, les projets des différents climats ...

Je commence à savoir aimer un homme ... qui m’aime à sa façon ... et me laisse l’aimer à ma façon ... en écrivant mes songes et mes ambitions au fond de ma bulle verte qui accueille en elle même l’ouverture de ma vie, l’ouverture de mon cœur ...

Merci aussi à mes ami(e)s qui naviguent dans leur vie ...

Catherine Fleur Pyrollet


  • La part manquante   21 mai 2011, par Katie
    Catherine Fleur, votre message date de janvier 2006... êtes-vous toujours sous le charme Bobin ? Moi je viens de tomber dans la marmite, il y a six mois à peine, et à pas de fourmis je me gave de beauté et de lumière. Votre façon d’écrire, de décrire, me parle beaucoup. Comme vous, comme la photo de couverture de "La part manquante" j’ai aussi porté une enfant sur la hanche. Bref, j’avais envie de partager ces quelques mots avec vous... Katie
    Répondre à ce message
    • La part manquante  18 mars 2013, par Fleur
      Bonjour Katie Je viens de découvrir votre message laissé en 2011. Je me souviens bien, comme si c’était là, hier, ce moment où j’ai partagé après ma lecture de la part manquante de Christian Bobin. Oui, j’ai lu d’autres livres de Christian Bobin que j’ai adoré. Depuis ces années, du vent à soufflé, de l’eau à coulé. Habitant dans le sud, le printemps montre déjà le bout de son nez. Youpi, et si le coeur vous en dit, partageons nos élan de vie. Actuellement à Montpellier, à bientôt, si vous le souhaitez. Très sincèrement, Fleur
      Répondre à ce message
  • La part manquante   30 janvier 2006, par aude66

    Chere Catherine, comme vous, Christian Bobin m’ensorcele. L’impression qu’il lit et decrit mon ame. Il inspire clairement une soif d’ecrire. Je l’ai rencontre au hazard de ma collection de citations, plusieurs fois les siennes s’imposent a moi comme des evidences jusqu’a ce que je decide de commander mon premier livre, puis un autre, puis un autre, une addiction naissante. Je voudrais lui ecrire...pour, comme vous, le remercier. En attendant, il inspire mon Blog.

    Aude.


    Supplement d’ame soeur
    Répondre à ce message