La mort aux trois visages de Peter Tremayne

Une enquête de Soeur Fidelma, princesse et avocate aux temps de l’Irlande ancienne.

La mort aux trois visages

Le dimanche 17 juin 2007 par Sheherazade

Dans l’Irlande du 7ème siècle, Sœur Fidelma, ex-nonne de Kildare, a décidé de quitter le couvent et de se mettre au service de son frère, l’un des rois d’Irlande. Elle est avocate et se rend régulièrment là où justice doit être rendue.

Cette jeune femme allie beauté à intelligence et érudition, humour et détermination à découvrir les coupables de crime. Elle est accompagnée d’un jeune moine d’origine saxonne, Eadulf.

Dans « Valley of the Shadow », elle est envoyée en émissaire par son frère dans le pays du chef Laisre, elle et son compagnon de route sont accueillis par un triste et épouvantable spectacle à l’entrée de la vallée. 33 corps de jeunes gens brutalement assassinés selon un ancient rite païen, sont disposés selon un symbole druidique. Bien qu’il soit évident que ces meurtres aient été commis afin de troubler les pourparlers de paix, Fidelma poursuit sa route vers Gleann Gleis et décide d’une enquête. Elle rencontre une très forte opposition de la part de Murgal, druide du village, peu enclin à laisser la nouvelle foi s’installer. Il n’est pas le seul à s’opposer à la présence de la jeune femme, il est assez évident qu’à quelques exceptions près, le village est hostile à la nouvelle foi et ses émissaires.

Fidelma sera même accusée du crime d’un autre émissaire, le frère Solin, secrétaire d’un évêque opposé au frère de Fidelma. Eadulf devra se montrer à la hauteur de son amie afin de la tirer de ce mauvais pas car le meurtre de Solin risque d’avoir d’importantes implications politiques ; cependant les suspects ne manquent pas : la sœur du chef de village, la ravissante apothicaire objet de la concupiscence du moine, un mystérieux maquignon arrivé du nord soi-disant pour vendre un magnifique étalon, sans oublier tous ceux qui s’opposent à la nouvelle religion et ils sont nombreux.

Bien que le sixième dans l’ordre de ses aventures, ce livre est la première enquête de Soeur Fidelma que j’ai lu, mais ce ne sera pas le dernier ; cette jeune femme à l’esprit vif et aventureux me plaît énormément, ainsi que sa tolérance à l’égard de l’ancienne religion d’Irlande dont elle a une connaissance approfondie qui lui vaut le respect des quelques derniers druides encore en exercice et qui luttent de toutes leurs forces contre l’invasion de la doctrine chrétienne, dégoûté qu’ils sont par les querelles de clocher que se livrent déjà les différentes factions depuis Rome.

L’ambiance du roman mélange habilement frayeurs, humour et discussions philosophiques autour des us et coutumes celtiques, de même qu’autour de la religion.

Par ailleurs le roman est précédé d’une très intéressante introduction sur l’histoire des Celtes d’Irlande que ne désavouerait pas le professeur Sterckx, celtologue, à l’ULB.

L’auteur Peter Tremayne connait parfaitement son sujet.

Cependant, les noms propres ou autres termes celtes que Tremayne conserve dans les aventures de Sœur Fidelma sont assez ardus à lire et ne doivent surtout pas se prononcer littéralement. L’ancienne langue irlandaise ne se prononçant absolument pas comme elle s’écrit, il est intéressant de se rendre sur le site www.sisterfidelma.com/pronounce.html où un lexique reprend cette prononciation avec l’association en anglais. C’est aussi intéressant au niveau linguistique qu’historique. D’autre part, pour en savoir plus sur les Celtes d’Irlande, voir le site : INTERNATIONAL SISTER FIDELMA SOCIETE