La louve de Mervent de Michel Ragon
L’amour au milieu de la déconfiture de la 5° guerre vendéenne

Le lundi 6 octobre 2003 par Dadoo
Tête-de-Loup, le fils des Dochâgne des Mouchoirs Rouges de Cholet est un petit métayer aspiré par la vie libre des bois de Vendée. Remonté par les agents de la Duchesse de Berry il se lance dans la Chouannerie pour mettre au pouvoir le petit Henry V, dernier Bourbon exilé à Prague alors que Louis-Philippe règne sur une France qui s’embourgeoise.
Très vite lâché par la Duchesse et son quarteron de hobereaux partis combattre sous les cieux plus cléments du Portugal, Tête-de-Loup et ses compagnons réfractaires au service militaire de 7 ans vont être chassés au milieu du bocage.
Michel Ragon raconte dans la Louve de Mervent la fin de cette Chouannerie qui fit si peur à la République, forcée qu’elle le fut de réprimer dans le sang ces vestiges de l’ancien Régime. Cette cinquième guerre vendéenne est remplie d’anachronisme et ces auteurs eux-mêmes sentent assez vite à quel point le monde a changé depuis 1793.
Au delà de l’Histoire et des oppositions sociales Michel Ragon raconte aussi l’histoire d’Amour entre Tête-de-Loup et sa Louve : la Louison, aussi sauvage que son homme et qui cherche à le retenir dans les tombes qui leur servent de logement dans l’hiver de la forêt de Vendée.
Le récit de leurs Amours est assez déprimant même si le contraste entre la réalité de cette guerre et les rapports du préfet parvient de ci de là à donner corps au roman.
