La légende de la mort de Anatole Le Braz

La légende de la mort

Le lundi 22 novembre 2004

Anatole LE BRAZ est ce que l’on est tenu d’appeler un auteur local ou régional. Il naquit en 1859, à St Servais, petite commune des Côtes d’Armor mais passa l’essentiel de son enfance à Ploumiliau, dans le Finistère. Petit détail amusant, son instituteur - le recteur de la paroisse en cette époque où l’Ecole publique et laïque n’existait pas encore - n’était autre que l’oncle de VILLIERS de l’ISLE-ADAM, auteur connu pour nombre de récits fantastiques ou pré-sciencefictionnesques comme "L’Eve Future".

Bon élève dans un lycée de St Brieuc qui porte aujourd’hui son nom, le jeune Anatole prépara sa licence de lettres au lycée St Louis, à PARIS. Malheureusement, des problèmes de santé devaient mettre un terme à ses travaux en vue de l’agrégation de philosophie et l’orienter définitivement vers le professorat. Il devint d’ailleurs professeur de philosophie à QUIMPER, toujours dans le Finistère et ce fut là qu’il se mit à écrire de nombreux ouvrages sur la Bretagne, ses traditions, ses paysages, etc ...

Pour être exact, sa "Légende de la Mort" est plus un recueil de témoignages et d’histoires vraies que de fabulations et de contes. On y parle beaucoup de l’Ankou, le Charretier de la Mort breton que l’on doit se garder soigneusement de croiser sur sa route sous peine de prendre sa place au 1er de l’An suivant ; des intersignes, signes annonciateurs de la mort d’un proche ; des fantômes, bien sûr mais aussi de l’Enfer , du Paradis, de l’Ame et des villes englouties.

Ces récits sont écrits dans un style des plus simples et, le plus souvent, ils sont brefs. Ils se lisent donc très facilement. Les connaisseurs en civillisation celtique pré-chrétienne n’auront aucune peine à constater que, sous le vernis de la religion chrétienne et surtout catholique, la Bretagne qu’évoque LE BRAZ a su garder intactes ses traditions animistes et merveilleuses que l’on retrouve par exemple, d’une autre façon, dans les légendes arthuriennes.

Certaines de mes connaissances, qui ont lu ce livre, l’ont trouvé, je crois, assez effrayant. C’est vrai qu’il vaut mieux ne pas le lire avant de s’endormir. Toutefois, si vous ne croyez ni en Dieu, ni en Diable ...

En tous les cas, ne manquez pas la belle et simple "Séparation de l’Ame et du Corps" (p. 143 dans l’édition COOP BREIZH) où l’Ame dit adieu au Corps qu’elle a habité si longtemps.

"La Légende de la Mort" est disponible aux Editions COOP BREIZH/Jeanne LAFFITTE.


  • L’Ankou  19 mai 2008, par Arz claude

    LA LEGENDE DE LA MORT

    L’Ankou est l’ouvrier breton de la mort chargé de moissonner les défunts de village en village, de ville en ville. Il n’a pas un seul jour de repos. Les rares témoins qui l’ont croisé et qui sont restés vivants, le décrivent comme un homme très grand et squelettique, au visage cadavérique encadré de longs cheveux blancs et ombragé d’un large chapeau. Vêtu d’un manteau noir, il serre dans sa main droite une faux dont le tranchant est tourné vers l’extérieur pour pousser en avant plus facilement les cadavres vers le royaume des ténèbres. Empruntant de vieux chemins forestiers, l’Ankou voyage sur une charrette dont l’essieu mal graissé fait Wik ! Wik !. L’Ankou ne voyage pas seul et se fait précéder par ses amis préférés : la famine, la peste et le choléra, annonçant toujours son arrivée par le croassement d’un corbeau ou le hululement d’une chouette. Inutile de préciser qu’il est formellement déconseillé de monter dans la charrette nocturne de l’Ankou sous peine de trépasser très vite. Mais attention, pour les bretons, la mort n’est pas une fin et le dernier voyage dans la charrette de l’Ankou n’est qu’un passage vers un autre monde plus chaud et plein d’hydromel. Selon l’ethnographe du XIX è siècle, Marillier, l’Ankou serait « la survivance d’un ancien culte ancestral » symbolisant le dernier mort de l’année Pour tous ceux qui veulent voir l’Ankou (en toute sécurité), il est conseillé de visiter l’église de Ploumilliau (4 km de Saint-Michel-en-Grève, Côtes-d’Armor) qui abrite une statue en bois de l’Ankou. Ce n’est sans doute pas un hasard si l’écrivain Anatole Le Braz né justement dans ce village popularisera au début du vingtième siècle l’Ankou en recueillant auprès des dernières conteuses ses funestes aventures dans l’ancienne Bretagne pour en écrire une anthologie du floklore breton devenue aujourd’hui classique, La Légende de la Mort chez les bretons armoricains. Claude Arz


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  • L’Ankou  19 mai 2008, par Arz claude
    L’Ankou est l’ouvrier breton de la mort chargé de moissonner les défunts de village en village, de ville en ville. Il n’a pas un seul jour de repos. Les rares témoins qui l’ont croisé et qui sont restés vivants, le décrivent comme un homme très grand et squelettique, au visage cadavérique encadré de longs cheveux blancs et ombragé d’un large chapeau. Vêtu d’un manteau noir, il serre dans sa main droite une faux dont le tranchant est tourné vers l’extérieur pour pousser en avant plus facilement les cadavres vers le royaume des ténèbres. Empruntant de vieux chemins forestiers, l’Ankou voyage sur une charrette dont l’essieu mal graissé fait Wik ! Wik !. L’Ankou ne voyage pas seul et se fait précéder par ses amis préférés : la famine, la peste et le choléra, annonçant toujours son arrivée par le croassement d’un corbeau ou le hululement d’une chouette. Inutile de préciser qu’il est formellement déconseillé de monter dans la charrette nocturne de l’Ankou sous peine de trépasser très vite. Mais attention, pour les bretons, la mort n’est pas une fin et le dernier voyage dans la charrette de l’Ankou n’est qu’un passage vers un autre monde plus chaud et plein d’hydromel. Selon l’ethnographe du XIXè siècle, Bernard Marillier, l’Ankou serait « la survivance d’un ancien culte ancestral » symbolisant le dernier mort de l’année. Pour tous ceux qui veulent voir l’Ankou (en toute sécurité), il est conseillé de visiter l’église de Ploumilliau (4 km de Saint-Michel-en-Grève, Finistère-Nord) qui abrite une statue en bois de l’Ankou. Ce n’est sans doute pas un hasard si l’écrivain Anatole Le Braz né justement dans ce village popularisera au début du vingtième siècle l’Ankou en recueillant auprès des dernières conteuses ses funestes aventures dans l’ancienne Bretagne pour en écrire une anthologie du floklore breton devenue aujourd’hui classique, La Légende de la Mort chez les bretons armoricains. Claude Arz, auteur de Haut lieux, croyances et légendes de la France mystérieuse, SRD, 2006
    France mystérieuse
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  • La légende de la mort  23 septembre 2007
    Ploumilliau n’est pas dans le Finistère mais dans les Côtes d’Armor !
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