La grande ceinture de René Fallet

L’odyssée de Juju dans la lointaine banlieue

La grande ceinture

Le samedi 13 septembre 2003 par Dadoo

Juju est un ivrogne de haute volée. C’est quasiment l’idiot du village. Sauf que le village c’est la Décharge, une espèce de banlieue misérable à la limite du bidonville en bordure de la grande ceinture. Il va rencontrer Pierre Barbier, un criminel en fuite qui va lui enseigner l’amitié et lui donner des envies de changer de vie.

Entre sa veine Beaujolais et sa veine Whisky René Fallet signe dans La Grande Ceinture une comédie dramatique particulièrement réussie. Si le décor est très noir, l’ingénuïté de Juju et de ses acolytes créent des situations cocasses et des dialogues savoureux.

Avec toute la tendresse dont René Fallet est capable il décrit le quotidien de Juju, entre piquette et chansons de régiment. Le bidonville est particulièrement bien traité lui aussi : la dureté de la vie et son manque de sens, le côté banlieue rouge où les flics sont mal reçus et l’hiver où l’on brûle tout ce qu’on peut trouver dans la maison.

Le contraste entre Juju et Pierrot est intéressant et source du changement qui s’opère chez Juju... pour le meilleur et pour le pire. Au final on se dit que Fallet préfère probablement le Juju du début, certes un ivrogne mais avec un bon fond que l’homme normal et égoïste de la fin.

René Clair a réalisé le film Porte des Lilas avec Pierre Brasseur et Georges Brassens tiré de La Grande Ceinture.