La femme en vert de Arnaldur Indridason

Comme une ombre attachée, l’enfance...

La femme en vert

Le samedi 11 mars 2006 par channe01

Ce nouveau roman de Arnaldur Indridason m’a confirmé mon addiction à cet auteur. Dans la trace de ses mots, je ne peux changer de route. Je le suis pas à pas y compris dans les tempêtes et dans les ombres. Et c’est lui qui ne nous lâche pas la main, l’âme.

C’est un polar mais c’est accessoire. Tous ceux qui sont intéressés par les lectures sur la reconstruction de la mémoire individuelle et collective trouveront leurs contes dans ce roman. C’est avant tout un tissage d’histoire d’enfants en souffrance. Des enfants qu’on n’a pas voulu, des enfants qu’on a perdu, des enfants qu’on a battu, des enfants qui n’ont pas grandi...

Bien sûr, il y a un corps. Et un mystère à élucider à propos de ce corps.

Mais c’est surtout dans les mémoires des uns et des autres qu’on va chercher ceux qui ont été perdus. Les enfants et leurs parents. Des parents qui ont été des enfants et qui continuent l’histoire de la douleur, comme si c’était impossible de faire autrement.

L’inspecteur Erlendur a cette double identité de père et d’enfant. Et en quête de l’identité de ce corps perdu et retrouvé, il veut restituer une mémoire, celle de son pays, celle de l’histoire et celle des gens, et par-dessus tout, la sienne de mémoire. Une mémoire d’enfant blessée. Les fils se mêlent et se démêlent avec l’adresse du conteur. Nous reprisons la déchirure du temps... Et c’est difficile. Nous faisons fausse route dans les mémoires... Mais le lecteur est piégé. Tant les personnages s’attachent à nos pas. Nous marchons dans leurs ombres.

C’est le deuxième roman de Arnaldur Indridason qui nous parvient et j’attends avec impatience les autres qui nous sont promis dans les temps qui viennent.

-  Arnaldur Indridason
-  « La femme en vert »
-  Editions Metailié
-  ISBN/2864245663