La chair de l’orchidée de James Hadley Chase

Flesh of the Orchid

La chair de l’orchidée

Le mercredi 24 août 2005 par Sheherazade

Steve Larson, jeune éleveur de renards, n’en croit pas ses yeux lorsqu’il découvre la ravissante créature blessée dans les bois ; c’est la plus belle jeune fille qu’il ait jamais vu. Il va donc la soigner et la cacher, elle semble avoir tellement peur ; pour lui c’est comme un conte de fées. Ce qu’il ne sait pas encore c’est que ses ennuis viennent de commencer et son aventure ne va pas se terminer comme dans les contes de fées, mais plutôt comme dans ses pires cauchemars.

Car cette créature de rêve qu’il a sauvée est l’héritière de la fortune Blandish, mais aussi l’héritière de la folie meurtrière de Slim Grisson, l’odieux gangster qui jadis enleva et viola sa mère. Entre deux crises, elle est une jeune fille adorable, charmante, d’une beauté époustouflante ; mais lorsqu’elle entre dans l’une de ses crises de schizophrénie, elle est pire que le pire des assassins sanguinaires.

Entre les millions de dollars qui constituent l’héritage Blandish et la petite Carol, il n’y a qu’un obstacle : la porte de la clinique psychiatrique où on l’a enfermée. Seulement, cette fortune est convoitée par bien d’autres individus, tous plus louches les uns que les autres et pour qu’ils puissent mettre la main dessus, ils doivent mettre la main sur Carol, ce que le frère de Steve a bien l’intention de faire d’ailleurs, à ses risques et périls, lui a qui aucune femme ne résiste paraît-il.

La chasse à Carol Blandish est ouverte : policiers, types louches, avocats, tout le monde la recherche. Peu en sortiront indemnes, et certainement pas la malheureuse jeune femme, aussi convoitée que sa fortune.

Encore plus violent et sordide que « No Orchids pour Miss Blandish », cette « chair de l’orchidée » flanque réellement la chair de poule au lecteur ; c’est par pure curiosité que je l’ai lu et j’avoue ne pas avoir beaucoup apprécié ce délire de folie, de sang, de méchanceté pure et gratuite.

Bien que James Hadley Chase soit britannique, on est loin ici de l’humour et du style « thé et gâteaux secs » des romans d’Agatha Christie ou Patricia Wentworth. Je me suis même demandée si le roman ne devait pas être lu au deuxième degré, tant il paraît caricatural.

D’autre part, j’aimerais bien que l’on m’explique comment Carol Blandish a pu venir au monde, lorsque l’on sait de quelle manière dramatique s’est terminée l’abominable aventure qui est arrivée à sa mère, la riche héritière Miss Blandish, enlevée, violée, torturée par le gang Grisson. L’explication de l’auteur est qu’avant de mourir des suites de son suicide, Miss Blandish a mis le bébé au monde. Mais comment ce bébé a-t-il pu survivre à une chute dans le vide ? J’imagine qu’il s’agit là de l’une de ces libertés que seuls peuvent se permettre de prendre les écrivains célèbres, mais c’est légèrement agaçant aux yeux d’une lectrice en mal d’un peu de vérité.

A part cela, «  Flesh of the Orchid  » est aussi violent que « No Orchids for Miss Blandish » ; la malheureuse Carol est atteinte d’une telle folie meurtrière que l’on se rend bien compte qu’elle va tous les saigner à blanc, et pas au figuré. Même si elle est, comme sa mère, plus victime que coupable, elle fait partie de ces portraits de femmes qu’aimait offrir Hadley Chase : des meurtrières, des manipulatrices, femmes fatales poussant les malheureux hommes à leur perte irrémédiable. D’ailleurs ce roman-ci contient quelques autres images de femmes plutôt vénales.

C’est étonnant cette vision sur la gent féminine de la part d’un homme qui resta marié quarante ans à la même femme - ou ceci expliquerait-il cela ?