La Variée était en noir de Jean Failler

Une enquête de Mary Lester

La Variée était en noir

Le dimanche 11 juillet 2004 par Sheherazade

L’écrivain Jean Failler en a marre ! Dégoûté par la procédurière et le procès ridicule qui suivit la parution du "Renard des Grèves" (procès que cette personne gagna, on se demande encore pourquoi !), l’auteur des aventures de Mary Lester a décidé de raccrocher. Suite à l’abondant courrier qu’il reçut, il confie désormais à Mary Lester le soin de raconter elle-même sa nouvelle enquête.

Une enquête qui la mène entre Loire et Vilaine, dans le marais de Brière ; elle doit y participer à une collaboration entre gendarmerie et police urbaine, sans se faire remarquer. Pour qui connaît le capitaine Lester, c’est la pousser immédiatement à se mêler de tout ! Et elle ne va pas s’ennuyer dans la région où un type du genre très agressif s’amuse à effrayer la population briéroise avec sa compagne surnomée "La Variée", vu les multiples changements de couleur de cheveux qu’elle s’offre depuis sa jeunesse. L’homme est franchement mauvais, menaçant, incendiant même des chaumières sans que personne ne bouge ; quant à la Variée, ce serait plutôt elle qui tire les ficelles ; elle est bien connue par ailleurs dans les bas-fonds nantais.

Mary Lester n’aime pas trop quand les autorités ne bougent pas, or cette Joséphine Poussetinette a un juge et un avocat véreux dans sa manche, elle se croit donc au-dessus des lois.

Ce marais briérois est un vrai bourbier dans lequel l’enquêtrice risque de s’enliser car les gendarmes ne collaborent pas vraiment. Elle devra donc être très prudente car le couple est prêt à tout pour la détruire. Mary Lester découvre un odieux trafic et pour y mettre fin, elle recevra l’aide d’un groupe d’amis du marais et du lieutenant Fortin.

Fûtée cette pirouette de l’auteur pour poursuivre les enquêtes de Mary Lester, après avoir clamé haut et fort que c’était terminé, que lui Jean Failler laissait tomber. Il confie donc la rédaction de ses aventures à son alter ego littéraire, donnant par la même occasion un ton plus complice au roman.

Mais personnellement, je commence à trouver la misogynie de l’écrivain à travers le capitaine Lester assez pesante : la femme de Fortin est une blondasse mièvre et geignarde ; la mère de l’homme qu’elle aime est une perruche emperlousée ;

l’épouse du commissaire Fabien est une bourgeoise hypocondriaque uniquement préoccupée d’une alimentation diététique fade qui ôte toute saveur à la vie de son époux ! Jusqu’à sa voisine Amandine, secrétaire à la retraite, maladivement curieuse des enquêtes de Mary et ne s’intéressant qu’à des inepties télévisées, qualifiant Mozart de musique de messe, tout ceci dit sur un ton très condescendant par Mary Lester.

Bref, il n’y en a pas une pour rattraper les autres et je ne parle ici que des personnages récurents ; je n’ai pas pris la peine de noter toutes les autres descriptions féminines, c’est trop fastidieux. Je connais l’admiration de Jean Failler pour Georges Simenon, ceci expliquerait-il cela ?

Cette constatation rend encore plus injuste l’action de cette procédurière qui fut dépeinte dans "Le Renard..." d’une manière plutôt sympathique. Inutile d’ajouter que l’auteur lui règle son compte dans cette enquête-ci, au demeurant aussi passionnante que toutes les autres.