La Tour de verre de Robert Silverberg

La Tour de verre

Le mardi 21 septembre 2004 par Mario_Heimburger

Récit quasi-biblique, "La tour de verre" est encore une preuve de l’originalité des thèmes de Robert Silverberg qui semble avoir réussi son pari de mélanger la SF avec des thèmes très introspectifs sur la nature humaine et son destin.

Au commencement, il y avait Krug. Et Krug créa des androïdes, des êtres génétiquement constitués dans des cuves. Et les androïdes furent vendus pour remplacer les robots.

Maintenant, plusieurs années après, les androïdes sont majoritaires sur terre. Et Krug a une nouvelle marotte : après avoir capté un signal extraterrestre, il construit une gigantesque Tour de Verre destinée à émettre un signal en retour. Rien d’autre ne compte désormais pour lui. Mais les androïdes, qui le révèrent en secret, dans une religion aux multiples rites, attendent avec l’espoir d’être libérés par leur créateur après le Temps d’Epreuve qu’il leur impose. Alors, ils seront l’égal des "nés-de-la-Matrice".

Mais Krug est-il réellement le dieu que souhaitent les androïdes ?

Sur cette thématique, Silverberg dresse un paralèlle inquiétant entre les humains et ces créatures simili-humaines, supérieures mais stériles. Et de constater que la religion est une bien étrange force, qui dépasse souvent ses créateurs.

Les pistes des réflexions sont nombreuses : l’ambition, jouer aux apprentis-sorciers, interprétation des faits, insouciance, tant de choses que nous vivons au quotidien à notre époque scientifique, et qui sont toujours traités à la légère par une société qui s’en moque de plus en plus.

Un roman évocateur et puissant, qui se lit très vite, mais s’achève en un frisson qu’on aimerait pouvoir réprimer.