La Toile d’araignée de Agatha Christie

Spider’s Web (romancé par Charles Osborne)

La Toile d’araignée

Le samedi 14 août 2004 par Sheherazade

La charmante et fantasque Clarissa, seconde épouse du très sérieux Henry Hailsham-Brown, membre important du Foreign Office, adore faire des blagues, déguiser la vérité et a un jeu préféré intitulé "Supposons que..."

Comme par exemple : "supposons qu’un matin l’on trouve un cadavre dans la bibliothèque, que ferais-je ?". Excellente question qui arrive fort à propos, car le cadavre s’y trouve effectivement dans la bibliothèque ! Ledit cadavre est celui d’Oliver Costello, personnage peu reluisant, nouvel époux de la première Lady Hailsham-Brown. Le pire dans l’affaire c’est que c’est Pippa, la fille adolescente de ce premier mariage, qui s’accuse du crime.

Vraiment, tout cela tombe fort mal car Henry Hailsham-Brown vient d’annoncer que le manoir va servir de lieu de pourparlers secrets entre le premier ministre et le directeur du Foreign Office.

Clarissa n’a pas 36 solutions ; elle fait appel à ses chevaliers-servants habituels, les amis de la famille, à savoir Sir Rowland Delahays et Hugo Birch, deux gentlemen totalement dévoués à Clarissa, de même que le jeune Warrender se déclarant amoureux fou de leur hôtesse. Entretemps sonne à la porte l’inspecteur Lord, prévenu par coup de fil anonyme, sans oublier que le cadavre apparaît et disparaît à sa guise, tout comme l’inénarrable Miss Peake agissant en qualité de jardinier et se comportant comme si le manoir lui appartenait.

La fantasque hôtesse devient rapidement le suspect n°1, ce qui est tout de même fort gênant lorsque le premier ministre est sur le point d’arriver !

Spider’s Web est la pièce qui tient le record de durée à l’affiche dans l’histoire du théâtre. Elle fut écrite en 1954 pour la comédienne britannique Margaret Lockwood, coqueluche du théâtre de boulevard et grande amie d’Agatha Christie. La pièce possède tous les ingrédients que l’on aime chez Lady Agatha : un élégant manoir, habité par un lord et son épouse totalement farfelue et faussement futile ; des gentlemen biens sous tous les rapports ; une vieille dame un peu bizarre et très mêle-tout ; un inspecteur à qui il manque un certain sens de l’humour, totalement hermétique aux yeux innocents de sa principale suspecte ; ses joutes verbales avec Clarissa sont réellement divertissantes. De même que le personnage de Miss Peake et son obsession de faire manger les légumes de son potager. Cet intermède théâtral fort drôle, mis en roman par Charles Osborne, biographe d’Agatha Christie, se lit rapidement