La Reine du Crime a encore frappé !

Une affaire de plagiat secoue pour le moment les lecteurs australiens.

Le vendredi 4 mars 2005 par Sheherazade

Jessica Adams, écrivaine australienne et astrologue du journal de Fairfax, Australie, est accusée de plagiat suite à la publication d’une nouvelle présentant une évidente ressemblance à une nouvelle écrite en 1928 par la célèbre "reine du crime" Agatha Christie. La nouvelle d’Adams, intitulée "The Circle" - une sombre histoire de meurtre liée au surnaturel - a été publiée dans un recueil de nouvelles écrites pas différents auteurs australiens et paru dans l’édition newyorkaise de "Big Issue" magazine.

Les deux histoires sont toutes deux situées dans une propriété isolée où un cercle d’arbres semble avoir une signification particulière en tant que site de rites anciens ; dans chaque histoire une superbe jeune femme est la principale suspecte, le propriétaire du domaine étant la victime ; l’arme du crime est manquante, une intervention surnaturelle se produit et un membre de la famille, un être jaloux et manipulateur, simule un attentat à sa vie similaire au crime. Finalement il s’avèrera que c’est lui le vrai coupable !

C’est un auteur de théâtre à Brisbane, Janelle Evans, qui a découvert le pot aux roses. "Je lisais The Big Issue dans le bus, explique Evans, lorsque je me suis rendu compte avoir déjà lu quelque chose de totalement identique !"

Ms. Evans s’est donc précipitée sur sa collection complète des oeuvres d’Agatha Christie et a découvert la nouvelle en question dans le recueil "The Thirteen Problems" - la nouvelle écrite par Lady Agatha s’institue "The Idol House of Astarte".

"J’ai alors lu les deux histoires simultanément, continue Janelle Evans, et j’ai été frappée par leurs ressemblances. Il pourrait s’agir d’une simple coïncidence, Jessica Adams a probablement lu l’histoire d’Agatha Christie il y a un certain temps et puis l’aura plagiée inconscienmment en rédigeant "The Circle".

Jessica Adams est bien connue en tant qu’auteur de romans écrits dans le style d’Helen Fielding (Bridget Jones). Ses romans sont publiés internationalement.

Debra Adelaide, également romancière, mais aussi maître de conférences en écriture littéraire à la Sidney University of Technology, estime qu’effectivement vu les similitudes des deux nouvelles, on peut considérer que Miss Adams a plagié une grande partie des éléments de l’histoire écrite par Christie. Le Dr. Adelaide estime qu’il s’agit bien d’un cas de plagiat compte tenu du schéma des personnages, de leurs actions et relations.

"Une accusation de plagiat est chose grave surtout pour une auteure aussi expérimentée que Jessica Adams, il est parfois possible en tant que lecteur d’être influencé par ses lectures et y trouver source d’inspiration, mais s’approprier un matériel d’écrivain est tout simplement scandaleux", explique en l’occurence le Dr. Adelaide.

Jessica Adams nie formellement l’influence d’Agatha Christie dans "The Circle". Comme elle l’a déclaré à la presse : "Si j’avais à chercher l’inspiration parmi d’autres auteurs, je choisirais plutôt Ruth Rendell, malgré mon admiration pour Agatha Christie".

Martin Hughes, éditeur de "Big Issue" s’est dit fortement déçu et préoccupé par les allégations contre Jessica Adams. "Notre revue s’enorgueillit de l’originalité et de l’intégrité de ses publications ; lorsque nous avons publie "The Circle", nous étions convaincu de tenir là une oeuvre originale. Ms. Adams contnuant à nier le plagiat, nous poursuivons nos investigations, ajoute l’éditeur, afin de vérifier s’il s’agit réellement d’une nouvelle originale."

Afin de ne pas être moi-même accusée de plagiat, je confirme qu’il s’agit ici de la traduction d’un article de Louise Evans, paru dans THE AUSTRALIAN du février 2005 -

voir le site www.News.com.au "Author accused of plagiarism".

Il semblerait que la notion de plagiat soit quelque chose d’assez récent ; en effet, ne dit-on pas qu’une grande partie des pièces de Molière furent écrites par Corneille. Shakespeare a lui même fameusement plagié Christopher Marlowe et la merveilleuse et courageuse romancière Helen Keller (aveugle sourde et muette, née en 1888 et morte en 1968), fut elle aussi accusée d’avoir plagié Mark Twain pour certains contes qu’elle écrivit pour les enfants. Lors du procès qui fit grand bruit à l’époque, Twain en personne vint témoigner en faveur de Ms. Keller, se disant flatté d’avoir inspiré une jeune femme aussi talentueuse.

En peinture aussi la notion de plagiat ou de copie n’est devenue dérangeante qu’à notre époque - Vincent Van Gogh copiait sans vergogne Millet et d’autres grands maîtres, car le disait-il avait justesse, "si nous ne copions pas nos maîtres, nous n’apprendrons jamais rien". Actuellement, lorsqu’un élève d’un cours de peinture se permet d’exposer une peinture montrant des similitudes avec un sujet étudié au cours, le "maître" peut lui intenter un procès !

Or soyons réalistes, tout le monde copie tout le monde ; tout a été écrit, peint, fait - on ne fait plus qu’améliorer, adapter, ce qui existe depuis des centaines d’années.