La Promesse de l’ange de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos

La Promesse de l’ange

Le jeudi 12 août 2004 par Sheherazade

Johanna, archéologue passionnée, spécialiste du Moyen-âge, est hantée depuis son enfance par l’apparition d’un moine décapité, lors d’une visite au Mont-Saint-Michel. Après de longues tergiversations à propos de ce "rêve ou réalité", elle décide de mener le chantier des fouilles au Mont car il est certain que la solution est là-bas.

Elle va mettre à jour, en même temps que des vieilles pierres, le passé tumultueux du jeune moine Roman et de la jolie druidesse-guérisseuse Moira, descendante des Celtes, la lutte intérieure de Roman contre son inclinaison pour la jeune fille. Il semble évident que le Mont est construit sur un ancien sanctuaire celtique, celui-ci étant bien sûr gardé secret par ces moines qui ne sont pas exempt d’un certain fanatisme religieux.

Johanna semble prisonnière du temps, elle fuit dans le passé et le travail, un présent qu’elle redoute d’affronter, préférant se passionner pour l’histoire du Mont-Saint-Michel que vivre à son époque.

Les bâtisseurs de cathédrale ont la cote littéraire depuis quelque temps ; ce roman nous entraîne dans deux histoires parallèles mais mêlées malgré tout : celle du chantier du Mont, à l’époque de son architecte, Pierre de Nevers, et celle du site des fouilles archéologiques où travaille Johanna, où des morts suspectes vont se produire.

On assiste en coulisse aux contraintes recontrées par les archéologues contemporains pour obtenir subsides et autorisations ; ensuite on retourne vers le Moyen-âge et la vie monacale avec ses règles strictes et quelques laideurs pas très catholiques, les rencontres secrètes entre Roman et Moïra, la vie des paysans appartenant (eh oui !) au Mont ; jalousies personnelles et professionnelles sont de toutes les époques.

Je trouve toutefois exagéré d’avoir accentué - dans la promotion - la participation des Celtes dans cette histoire ; ils y ont peu de place, si ce n’est de se faire traiter une fois de plus de païens sanguinaires, barbares et incultes par les chrétiens qui se sont fait un plaisir de les "convertir" par la torture si besoin en était et de tenter d’éradiquer toute leur culture mais en récupérant ce qui les intéressait éventuellement pour que le peuple les suivent !

Bien que présenté par la publicité comme un "thriller métaphysique", je préfère plutôt parler de polar archéologique mâtiné d’une histoire policière bien amenée, teintée d’un roman d’amour au 12ème siècle. Bien sûr, il y a le mystère de l’apparition du moine, mais de là à parler de métaphysique, c’est un peu tiré par les cheveux.

Par ailleurs, j’ai trouvé les personnages assez artificiels, sans réelle substance.

Le livre nous apporte aussi - et avant tout - une belle page de l’histoire du Mont-Saint-Michel et de la légende de l’Archange, ce Mont qui est devenu depuis un temple touristique avec échoppes, buvettes et autres friteries. Dommage que le roman abonde en détails si nombreux que l’on s’y perd un peu, mais il est évident que les auteurs ont une érudition formidable.

J’ai cherché dans ce livre l’enthousiasme que j’avais éprouvé avec " The eight" de Katherine Neville, mais sans succès. En bref, une honnête lecture vacancière.


  • La Promesse de l’ange  17 juillet 2007

    J’ai lu ce livre et je pense que c’est un chef d’oeuvre contemporain où l’histoire du mont que je connait bien n’est pas baclé, c’est un livre que je conseil à tout mes amis pour qu’il découvre le sens mystique de cette merveille qui mêle toutes les sortes d’architectures magnifiquement.

    bravo et merci aux auteurs qui m’ont fait découvrir ce que c’était de s’épanouir dans la lecture.

    Amis lecteurs lisez ce livre et vous comprendrez en le refermant


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  • > La Promesse de l’ange  11 septembre 2004, par Michel

    Très proche de cet avis, surtout concernant deux points : les Celtes, et la consistances des personnages. Le livre passe à coté de quelque chose, qui eut pu lui ouvrir les places au coté du Da Vinci du moment. Quel gachis avec une trame si puissamment charpentée dans deux thémes porteurs, que sont le Médiéval( et d’autant plus avec le Mt St Michel) et le Celtisme qui n’est pas encore à son apogée dans l’artistique populaire actuel ! Pourquoi n’avoir point "oser" entrer plus profondément, alors que l’on se perd dans plus de 400 pages ....

    Bon livre de vacances, ou des premiers froids d’hiver, au coin de la cheminée.


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