La Planète des Singes de Pierre Boulle

La Planète des Singes

Le mercredi 24 octobre 2001

Après avoir subi la version Burton de la Planète des Singes il m’a paru important de relire le roman de Pierre Boulle. Celui ci raconte une histoire très différente de celle de Burton mais aussi de celle des versions plus anciennes.

La planète des singes est un court roman, écrit dans un style dénué de toute fioriture, qui privilégie l’efficacité sur la formule littéraire. On adhère ainsi très vite et sans effort à l’histoire que l’auteur nous raconte. Le début du roman évoque d’ailleurs ces récits, fréquents aux XVIIIe et XIXe siècles, dans lesquels on découvre un message contenu dans une bouteille et qui narre d’incroyables aventures. Mais là, Pierre Boulle transpose ce procédé à l’ère de l’exploration spatiale : la bouteille et le message sont toujours là, mais ils sont découverts par un couple naviguant dans un voilier poussé par les vents solaires d’un système de trois étoiles. On retrouve d’ailleurs ce couple en conclusion du roman, pour une chute tout à fait saisissante...

Mais c’est le message proprement dit qui constitue l’essentiel du livre. Son auteur, Ulysse Merou, est un journaliste terrien qui a fait partie de la première expédition hors du système solaire, en compagnie du professeur Antelle, grand scientifique concepteur du projet, et d’un de ses disciples. Au bout d’un voyage de deux ans à une vitesse proche de la lumière, les trois hommes parviennent dans le système de Bételgeuse, et tentent l’exploration d’une planète semblable à la Terre, sinon dans sa géographie, au moins par ses conditions naturelles. Ils y découvrent des êtres humains particulièrement primitifs, disons même sauvages, incapables de parler comme de rire, et effrayés par tout objet fabriqué. Ce qui conduit ces derniers à détruire aussi bien les vêtements des terriens que la chaloupe spatiale qui les avait amené de leur vaisseau jusque sur le sol de la planète.

Devenus semblables physiquement à eux, les trois explorateurs se retrouvent également chassés par des gorilles -une scène particulièrement intense-, et Ulysse Merou est capturé tandis qu’un de ses compagnons est tué par balle. D’abord véhiculé dans un relais de chasse, où il assiste à une pénible séance de photos-souvenirs, il est ensuite amené dans une des villes singes et emprisonné dans une cage au sein d’un institut scientifique. Au fil de plusieurs tests et de tentatives faites pour communiquer, il parvient à s’attirer la sympathie de Zira, la chimpanzée responsable de lui, et de son fiancé, le savant Cornélius, et ce en dépit des réticences de Zaïus, un scientifique orang-outang conservateur. Finalement, Ulysse a l’occasion de s’exprimer devant un vaste congrès scientifique, retransmis au public, et parvient ainsi à être considéré comme un être pensant digne de prendre place dans la société évoluée.

On se rend compte, au fur et à mesure de la découverte par Ulysse de la société simiesque de la planète Soror, que celle-ci ressemble fortement à la nôtre. Le niveau technologique auquel elle est parvenue est semblable à celui de nos années 50 dans les pays développés (un satellite artificiel occupé par un homme a récemment été mis en orbite, mais a du être détruit suite à l’impossibilité de le ramener), avec une avancée moins poussée de la science, néanmoins. Voitures, avions, appareils-photos, feux de circulation, livres, cabarets, zoos, on retrouve des éléments tout à fait semblables à ceux qui existent chez nous (peut-être en partie par facilité de la part de l’auteur pour imaginer une autre civilisation). La société des singes est divisée en trois catégories, les gorilles (anciens seigneurs, spécialisés dans l’administration), les orangs-outangs (qui incarnent la science officielle) et les chimpanzés (intellectuels plus audacieux, semble-t-il), mais tous sont sur un pied d’égalité au regard de la loi. D’ailleurs, la planète Soror n’est pas divisée en nations antagonistes, mais dirigée par un triumvirat composé d’un représentant de chaque catégorie de singes, et par trois assemblées conçues sur le même principe. Ce qui pose problème à certains singes, en particulier chimpanzés, c’est le mystère de l’évolution. Ce n’est qu’il y a peu que la théorie d’une évolution progressive a remplacé celle d’une création divine (thèse défendue par un important penseur d’autrefois), et il semble que la civilisation simiesque, apparue il y a 10000 ans, n’ait pas connu d’évolution technologique majeure depuis. Une stagnation qui intrigue Cornélius. La découverte d’une ville enfouie dans les sables va apporter des éléments de réflexion supplémentaires : remontant à une époque antérieure à 10000 ans, elle possède un vestige en particulier qui bouleverse Ulysse et Cornélius, et pousse ce dernier à renvoyer l’humain en ville. Ce vestige, une poupée en porcelaine, est une poupée humaine, habillée, qui a en plus la particularité de dire « papa » (un mot que Pierre Boulle suppose être approximativement le même dans toutes les langues extra-terrestres).

De plus, par l’intermédiaire d’expériences menées sur deux cobayes humains, Cornélius et Ulysse parviennent à avoir accès, selon le principe d’une mémoire collective, d’une mémoire de l’espèce (principe dont l’application ici est particulièrement tiré par les cheveux, de même d’ailleurs que le retour inverse à l’état sauvage du professeur Antelle, beaucoup trop rapide), à des témoignages divers d’humains de la période antérieure à la domination des singes. L’on apprend donc que c’est par l’imitation des hommes en plein déclin créatif, dont ils étaient devenus les animaux domestiques, que les singes en sont venus à inverser le sens de la domination...

La naissance d’un fils, fruit de Ulysse et de Nova, une humaine sauvage de Soror, constitue néanmoins un élément aggravant pour les gorilles et les orangs-outangs : comment laisser en vie une nouvelle souche d’humains, potentiellement capables de renverser à leur tour la domination simiesque ? Ulysse lui-même se croit d’ailleurs investi d’une mission quasiment divine, se voyant comme un nouveau Christ venu sur Soror pour délivrer son espèce du joug. Finalement, grâce à la complicité de Zira et d’autres chimpanzés, Ulysse et sa petite famille parviennent à regagner leur vaisseau spatial et à partir vers la Terre, qu’ils retrouvent dans un état semblable à celui de la planète Soror... Illustration d’une histoire cyclique dans laquelle l’intelligence et le progrès seraient successivement portés par des races animales différentes, et ce sur toutes les planètes portant la vie (tout au moins une vie humanoïde). Seul espoir de rompre cet antagonisme, l’amour malheureusement impossible entre Ulysse et Zira... Un roman passionnant, aussi dense qu’il est bref.

Pour continuer :
Un site perso sur Pierre Boulle


  • Terriblement réelle  8 novembre 2011, par antihuman

    Un beau miroir montré aux voyageurs terriens à l’odyssée spatiale du début de l’oeuvre, avec une fin à ne pas révéler...

    Comme l’image du film de la statue enfouie de Liberty Island, les singes se comportent ainsi que tout ce qui nie l’homme tout en le censurant, sans que d’aucuns ne le défendent d’ailleurs officiellement et donc il n’y a d’opportunité que le futur pour les sauver (mais surtout le rêve.) Boulle est, de plus, des plus pessimiste car il ne plaide pas pour un esprit humain tout-puissant qui retournerait enfin le fouet contre son bourreau.

    Très sombre, décrivant une société fachiste et autoritaire qui ne se montre jamais telle quelle avec de part et d’autres des "élites" simiesques évitants les vraies questions scientifiques, le roman pose également une question cruciale : Sommes-nous vraiment seuls dans le cosmos ?


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  • La Planète des Singes  27 mai 2009, par kernitou
    quelques remarques générales :
    -  le film de tim burton (2001) est simplement lamentable et affligeant et ridicule (pour rester poli) et n’est destiné qu’aux seuls 8-12 ans (grand maximum)
    -  le film de franklin j. schaffner (1968) est une pure merveille bien que s’éloignant du thème de boulle
    -  la stupidité la plus totale entoure cette oeuvre trop souvent puisque même certaines éditions françaises du livre (lequel NE se passe PAS sur la terre comme c’est le cas dans le film de 68), comme celle chez pocket, mettent en couverture la statue de la liberté !! je n’ai jamais rien vu d’aussi S-T-U-P-I-D-E !
    -  c’était d’ailleurs déjà le cas avec le film de 68 où, gâchant toute surprise aux spectateurs qui ne connaissaient pas l’histoire, la statue de la liberté a longtemps apparu sur la couverture des K7 ou DVD (les gens qui ont décidé cela méritent simplement d’être mis contre un mur et... bang !)
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  • La Planète des Singes  30 mai 2008, par zaza
    bonjour a tous .je pense que le resume du roman etait reussi,assez informatif pour des eleves,des lyceens,toutefois,cela ne profite pas a ceux qui en font une analyse detaillee,litteraire,et qui cherchent plutot des commentaires composes ou autre etude litteraire.Merci pour votre comrehension.
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  • La Planète des Singes  4 février 2008
    bonjour je trouve cet article intéressant parceq’il nous aide aà bien comprendre le roman, il nous aide aussi à faire une analyse pour qu’on soit prèt à l’exam de la fin d’année. merci encore a vous
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    • La Planète des Singes 29 avril 2008
      mon e_mail mona_8nd@hotmail.com
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      • La Planète des Singes 9 décembre 2008, par Nidal
        salut tous ,cet extrait m’a vraiment aidé pour bien comprendre ce roman et comme a dit mouna il va nous aidé à l’examem à la fin d’annee.
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  • La Planète des Singes  25 décembre 2007, par Hind
    Je vous remerci chaleureusement d’avoir publier cet article qui peut m’aider moi l’élève de la deuscième année de back pour avoir une idée génerale précice sur l’oeuvre. et encor une fois Merci...
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  • La Planète des Singes  6 novembre 2007
    J’ai adoré ce livre car il nous parle d’une histoire passionante avec des singes. J’ai bien aimé la fin de l’histoire.
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  • La Planète des Singes  30 août 2007
    je voudrait tellement voir le film mais je sait pas ou je peux le trouvé j’aimerai bien avoir une réponse merci d’avance
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  • Re : La Planète des Singes - Pierre Boulle  9 janvier 2003
    j’écris pour vous dire que La Planète Des Singes de Pièrre Boulle n’as rien a voir avec le navet de Tim Burton !!!! Si le film qui n’est qu’une adaptation très simpliste de ce best-steller le livre au contraire nous plonge dans une reflexion passionante qui nous fait réfléchir sur nos origines et l’existance d’autres êtres vivants dans l’univers ! Je conseille cet ouvrage à tous les fans de science-fiction et de lecture en général !!!!
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  • Re : La Planète des Singes - Pierre Boulle  29 janvier 2002, par marguerite
    La lecture de ce roman est très agréable et rapide. J’ai également lu ce livre après avoir vu le film de Tim Burton. Je le conseille à tous, il permet de nous faire réfléchir sur notre condition humaine. Maintenant, je ne vois plus les pubs Omo (la lessive) de la même façon !
    Maggy
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    • > Re : La Planète des Singes - Pierre Boulle 19 mai 2004, par trou du cul
      c soulan de lire des livre et en plus je trouve pa de résumer cour de la planete des singes alors sa me soul je vai etre obliger de tout lire je voudrai commeme savoir si le film il est comme le livre parce que g le film en dvd alor vou comprener bon ba @+++++++ bizou
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      • > Re : La Planète des Singes - Pierre Boulle 1er décembre 2006, par mima_mya
        s il vous plait envoyez moi le film sur mon msn si c es t possible en tous cas j veut le voir se film mé j ai pas les moyennes pour l acheter voila mon msn mima_mya@hotmail.com
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        • > Re : La Planète des Singes - Pierre Boulle 5 mars 2008, par
          salut je te remircé beucoup par son piont de vie merci encore une fois
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