La Petite Française de Eric Neuhoff

La Petite Française

Le jeudi 26 août 2004 par Mario_Heimburger

Remarquez, je m’en doutais. Pendant toute la lecture du livre je me suis rappelé cette phrase de Balzac : "le bonheur ne crée rien que des souvenirs". Et puis, à travers le réçit de cet amour simple, parfois cruel, on perçoit la mélancolie. Le ton du passé. L’époque révolue. Je m’en doutais : ça ne pouvait pas bien finir.

Et pourtant, que cette histoire est belle : 120 pages où il ne se passe quasiment rien, au sens narratif du terme. Beaucoup de scènes, beaucoup de sauts d’un sujet à un autre, mais un bilan léger, comme l’amour entre le narrateur et cette petite française, Bébé, digne représentante de son âge de 20 ans, fantasque, sans attaches, sans règles ou si peu... Rien que pour ces pages, on a envie de pardonner à l’auteur la fin de son livre, non qu’elle soit mauvaise (loin de là), mais on avait envie de croire qu’une fois, quelque part, le bonheur ait pu créer autre chose que de simples souvenirs. Qu’il ait pu créer un livre...

Le style est simple. Direct. Efficace. Rares sont les phrases aux propositions multiples. Sujet, verbe, complément, un ou deux adjectifs choisis avec soin, et un point. On se focalise moins sur la construction littéraire que sur les scènes, à l’évocation douce. Et on aimerait aussi tomber amoureux comme le narrateur. Et d’une fille comme Bébé. Parce que la complexité semblerait simple, et la simplicité élégante. Parce qu’on sentirait battre son coeur. Parce que les malheurs du monde passeraient au second plan.

Et une mention spéciale à la couverture. Rarement un dessin m’avait fait cet effet, de contempler durant de longues minutes la jeune fille qui y est représentée. Je crois que j’en suis tombé amoureux...

En conclusion, "la petite française" est finalement une ode à l’amour et au temps qui passe, et au bonheur qu’on remarque trop tard, lorsqu’il n’existe plus.