La Nostalgie de l’Ange de Alice Sebold

"The Lovely Bones"

La Nostalgie de l’Ange

Le mercredi 2 juin 2004 par Sheherazade

Susie Salmon a été assassinée à 14 ans par Mr Harvey, un voisin, un de ces types banalement impersonnels, dont personne n’imaginerait qu’il s’agisse d’un tueur en série.

Susie monte au ciel, se retrouve à partager sa chambre avec Holly, jeune fille de son âge et se voit attribuer Franny, conseillère psychologique destinée à l’aider à supporter sa situation, car bien sûr Susie n’a nulle intention de rester au ciel ; ce souhait-là est bien le seul qui ne puisse être réalisé ; tout le reste : il suffit de demander, on reçoit !

Dès lors Susie va observer sa famille, voir leur peine, leurs difficultés à surmonter cette horrible épreuve, le chagrin de sa mère l’éloignant de son père, les incessantes questions de son petit frère qui l’adorait et la froideur apparente de sa soeur aînée, la peine de celui qu’elle aurait voulu avoir plus longtemps comme petit ami aussi et les troubles qu’éprouvent certains de ses copains de lycée. L’enquête piétine car Mr Harvey a fait disparaître toutes traces de son forfait.

Tout d’abord, j’avoue ne pas avoir totalement saisi le titre anglais de ce livre à la publicité tapageuse, à l’énorme succès outre-Atlantique et dont la publicité francophone a suivi le même chemin après sa traduction.

Le titre francophone est cependant plus approprié : La Nostalgie de l’Ange.

A part cela, je n’ai pas souvent lu un livre écrit avec autant de banalité.

Tout est superficiel et artificiel dans cette histoire ; à aucun moment l’auteur ne m’a touchée par cette histoire "tellement émouvante" (d’après la publicité) et je n’ai pu me sentir concernée par le chagrin de cette famille pourtant éprouvée par le pire des drames.

Je ne comprends absolument pas le succès totalement surfait de ce roman inutilement surestimé.

Un autre article de MaBibliothèque.Net a été écrit sur ce livre : La Nostalgie de l’Ange

Un autre article de MaBibliothèque.Net a été écrit sur ce livre : La Nostalgie de l’Ange


  • > La Nostalgie de l’Ange  2 juin 2004, par Dadoo

    J’ai l’impression qu’on retrouve dans tes commentaires et ceux de guillaumeMICMAC sur ce livre la dichotomie propre à tous ces best-sellers au succès programmé... on aime ou on déteste selon qu’on se laisse prendre ou pas au jeu.

    N’as tu pas eu les mêmes impressions avec les livres de Marc Levy ?


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    • > La Nostalgie de l’Ange 3 juin 2004, par bastet
      c’est probable, quoique je n’aie pas encore lu les plus récents bouquins de Levy (j’attends toujours la parution en poche, comme ça j’ai moins de regret d’avoir dépensé mes sous !) - mais je me demande toujours pourquoi on fait un énorme abattage autour d’histoires finalement assez banales - ou alors est ce parce que j’ai lu d’autres choses, plus profondes, dans le même domaine ... c’est possible - les discussions sont ouvertes
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    • > La Nostalgie de l’Ange 6 juin 2004, par bastet

      ayant eu plus de détails quant à la vie d’Alice Sebold, je comprends mieux à présent cette impression de distantiation avec les personnages qui souffrent, alors que finalement son analyse du "serial killer" est nettement plus naturelle.

      Alice Sebold a été violée et battue, laissée quasi pour morte, dans un tunnel rempli d’immondices de son université, lors de sa première année d’études universitaires. Les policiers qui l’ont trouvée après cet acte innommable, dans l’espoir de la "rassurer sur son sort" , lui ont dit qu’elle était "chanceuse" car quelque temps avant elle, une autre étudiante avait subi le même sort mais en était morte !

      elle passera par de multiples stades, fréquents après ce genre d’agression : déni, repli sur soi ayant mené à la consommation d’héroïne, parents alcooliques et incapables de gérer son traumatisme et la soutenir réellement, et finalement la reprise en charge de sa vie. Elle a mis tout cela en évidence dans le livre relatant cette "expérience", à quel point les amis et la famille deviennent des étrangers pour celle qui a subi un viol ; finalement, disait Sebold, c’est avec la police qu’elle va avoir plus d’affinités à cette époque, car ils étaient moins personnels.

      Je comprends mieux à présent pourquoi j’ai été si peu touchée par "The Lovely Bones" ; elle a mis sous forme de roman un expérience forte et personnelle, et elle a raté son coup. Je pense que son livre autobiographique "Lucky" sonne nettement plus vrai.


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      • > La Nostalgie de l’Ange 15 août 2004, par mireille
        Quand j’ai lu ce livre, je connaissais l’histoire "vraie" de l’auteur.Aussi j’ai lu ce livre en connaissance de cause. Je pense que ce livre est un genre d’appel au secours. Paumée, elle lance une bouteille à l’eau ! C’est vrai que peu d’émotions s’en dégagent mais pouvait -elle écrire autrement ? Je ne crois pas qu’elle "ait raté son coup", elle s’est simplement libérée de quelque chose.
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        • > La Nostalgie de l’Ange 16 août 2004, par bastet
          je reste convaincue que son premier livre "Lucky" où elle se libère réellement du poids de l’horreur qui lui est arrivée, est plus profond et plus consistant. Il est possible que l’auteur poursuive effectivement un besoin de libération par ses romans, j’espère que ses autres écrits seront moins inconsistants, surtout si l’on pense à la difficulté du sujet.
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