La Maîtresse des épices de Chitra Banerjee Divakaruni

La Maîtresse des épices

Le dimanche 22 février 2004 par catherinem

Toute jeune, Tilo a découvert son pouvoir de vision qui lui permet de guérir. C’est ce don merveilleux qui l’emmènera à Première mère, qui lui enseignera ainsi qu’à tant d’autres le pouvoir des épices. Rebelle, indisciplinée, mais également très douée, Tilo se croit infaillible et choisit d’exercer son pouvoir à Oakland malgré les avertissements de Première mère qui a vu le danger que ce choix implique pour elle...

Au sein de son épicerie, entourée de ses épices, Tilo soigne les malheureux qui viennent à elle sans lui confier leurs problèmes. Son don la guide dans les choix des épices qu’elle leur dispense à leur insu. Mais être maîtresse des épices, ce n’est pas seulement soigner, c’est aussi s’engager à vie dans un renoncement perpétuel, paraître à tous sous une enveloppe charnelle qui n’est pas la sienne mais celle d’une femme vieille comme le monde sur qui aucun regard ne s’attache jamais, ne jamais franchir la porte à la rencontre du monde extérieur, ne pas connaitre les plaisirs de la chair...

Oh Tilo qui te croyait tellement forte, quelle émotion provoque en toi un jour l’entrée de cet américain étrange qui semble te connaitre malgré ta fausse apparence et avoir perçu la splendeur que tu pourrais être ! Car Tilo a le pouvoir, une fois et une seule, de paraître sous les traits d’une femme à la beauté absolument parfaite. Ce qui implique également que le pouvoir des épices lui sera ensuite éternellement interdit...

D’émotion, le sentiment se transforme en impatience puis en angoisse, quand elle réalise qu’elle brave de plus en plus d’interdits, malgré les avertissements lancés par première mère puis les épices eux mêmes. Tilo se lance à la rencontre du monde et à la rencontre de l’amour, mais à quel prix ?

La maîtresse des épices est un roman plein de magie, mais un peu inquiétant par son côté totalitariste. Quelle responsabilité peut nous empêcher de décider de notre vie et du cours que nous voulons lui donner, comment renoncer volontairement aux plaisirs de la vie quand il n’y a qu’un pas à faire pour y accéder ?