La Graine Ecarlate de Edith Pargeter

Dernier volet de la saga des Talvace : la rédemption de Ralf Isambard.

La Graine Ecarlate

Le mardi 19 juin 2007 par Sheherazade

La guerre entre le Pays de Galles et l’Angleterre ayant pris fin, Harry Talvace le Jeune, fidèle à sa promesse, retourne au domaine de Parfois se remettant à la merci du seigneur Isambard, forçant l’admiration de ce dernier face à la loyauté du jeune homme.

La trêve a été signée pour un an ; la famille d’Harry - au sens le plus large - se sent impuissante devant son refus de rester à Aberffaw chez son père adoptif, Llewellyn le Grand, mais chacun comprend que pour le garçon, rester signifie se parjurer. Comme il a toujours l’intention de venger son père, il redevient le prisonnier d’Isambard. Ses proches savent qu’après plus d’une année d’absence, interrompue par ces quelques mois de guerre à leur côté, une nouvelle et longue absence les attend tous. Le prince a bien tenté de négocier la liberté d’Harry mais le seigneur de Parfois demeure inflexible. C’est Madonna Benedetta qui, après avoir sauvé Gilleis et le nouveau-né Harry 16 ans auparavant, va à nouveau s’impliquer afin de sauver le jeune homme.

Entretemps Harry reçoit la même éducation que les pages du domaine, au grand déplaisir de certains d’entre eux ; entre Isambard et lui s’installe une sorte d’entente faite d’une certaine compréhension et d’une politesse glaciale ; Harry n’a pas l’intention de renoncer à venger son père et tant qu’il ne changera pas d’idée, Isambard le retiendra prisonnier.

C’est John le Fléchier, le serviteur de Madonna Benetta qui va précipiter les événements par une tentative désespérée pour sauver le jeune homme ; il va gravement blesser Isambard, le rendant quasi aveugle et le mettant à la merci de William son fils cadet, héritier du domaine.

Car Ralf Isambard est encore et toujours un homme inflexible et c’est ce trait de caractère qui va lui valoir l’ire d’Henry III, le roi d’Angleterre bien décidé à rompre la charte signée par les barons anglais. Pour être resté fidèle à un ami, avoir pris la défense d’un ennemi du roi, Isambard s’est mis hors-la-loi. Ceci serait de peu d’importance n’était ce le coup du sort l’ayant rendu aveugle.

Ralf Isambard décide alors de mettre de l’ordre dans sa vie ; c’est lui qui libère Harry car il se doute que son fils ne l’épargnera guère ; étrangement le jeune homme refuse de quitter l’homme blessé, mais c’est Isambard lui-même qui lui fait comprendre où est son devoir. Il ne peut toutefois éviter le sacrifice de Madonna Benedetta mais il lui reste assez de biens pour négocier une certaine liberté pour elle ; le fils Isambard a certes hérité de la cruauté du père, mais avec une avidité certaine en plus.

C’est cette avidité des Poitevins de la cour d’Henry III, roi capricieux, versatile, qui va précipiter la fin de la trêve, permettant aux Gallois d’attaquer Parfois ; c’est dans l’église incendiée qu’Harry Talvace le Jeune comprendra que son destin.

J’ignore si à l’époque où elle écrivit ce troisième volet de « La Pierre de Vie », Edith Pargeter connaissait le syndrome de Stockholm ; en tout cas, c’est exactement ce dont il s’agit dans ce troisième volet ; l’otage prend pratiquement le parti du geôlier. Il faut reconnaître toutefois que le personnage de Ralf Isambard, seigneur de Parfois et autres domaines anglais, prend une forme nettement plus humaine ici. L’accent du roman est mis sur lui, lui conférant une importance et une dimension plus humaines.

Oui, le sous-titre pourrait très bien être « La rédemption d’Isambard » car c’est de cela qu’il s’agit, un homme blessé dans sa chair, délaissant enfin l’orgueil et la cruauté qui ont régenté sa vie pour accéder à une autre dimension.

J’ai beaucoup apprécié ce troisième épisode, fort en rebondissements et humanité, presque construit comme un roman policier, après le volet précédent plus psychologique, ayant mis en scène le duel entre le seigneur et son prisonnier.


  • La Graine Ecarlate  2 avril 2008, par Pancrinol
    J’ai écrit quelques romans dans ma vie pour les anniversaires de mes enfants. J’aurais aimé créer une oeuvre comparable à cette extraordinaire trilogie.
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