LÎle aux trente cercueils de Maurice Leblanc

LÎle aux trente cercueils

Le jeudi 24 juin 2004 par Sheherazade

Juin 1917, une femme encore jeune et jolie, blessée par la vie, se retrouve au Faouët en Bretagne à la suite de recherches pour retrouve la trace de son père et de son fils disparus en mer 13 ans auparavant.

Lorsqu’en 1902, le père de Véronique d’Hergemont refuse la main de sa fille au comte Vronski, se prétendant fils de roi, ce dernier enlève la jeune femme par vengeance ; Antoine d’Hergemont est alors obligé de donner son accord au mariage pour préserver la réputation de sa fille mais il se vengera lui aussi de manière haineuse et réellement atroce. Il enlève son petit-fils et l’emmène sur son yacht qui coule corps et biens au large des côtes italiennes.

La jeune femme, de désespoir, s’est retirée dans un couvent car elle a entretemps découvert la vraie nature de son mari.

Après avoir quitté les Carmélites, elle fonde une petite boutique de modes à Besançon et au cours d’une séance de cinéma, le film "Légende bretonne" révèle une maison où figure sa signature à elle, Véronique, une signature qui n’a plus été utilisée depuis sa jeunesse. Elle se rend donc au Faouët pour tirer ce mystère au clair et découvre un cadavre tenant un dessin à la main et des inscriptions parlant des 30 cercueils, 4 femmes crucifiées et le dessin de l’une des ces 4 femmes est son portrait à elle ! Honorine, une femme qui était au service de son père lui confie que son père et son fils ne se sont pas noyés mais sont réfugiés dans une petite île bretonne où le père poursuit des études sur les mégalithes. Pleine d’espoir, Véronique d’Hergemont suit Honorine à Sarek et à partir de là, les événements horribles vont se succéder et s’enchaîner avec une violence et une cruauté inouïes, conformément à la soi-disant prophétie de la légende de la Pierre-Dieu. Heureusement Véronique recevra l’aide de Don Luis Perenna (anagramme d’Arsène Lupin) et du petit chien "Tout va bien".

Ce roman de Maurice Leblanc n’a pas pris une seule ride bien qu’il ait été écrit en 1920 ; le style et le rythme sont endiablés, le mystère et le suspense sont tels qu’il est impossible d’arrêter la lecture du livre, une fois celui-ci entamé. L’ambiance fin de siècle fait penser aux romans "gothiques" anglais de Wilkie Collins ou Ann Radcliffe, avec épouse bafouée, mari avide de pouvoir et d’argent, jeune homme plein de noblesse prêt à se sacrifier et enfant innocent attendant sa maman depuis sa plus tendre enfance.