L’opéra, ou La défaite des femmes de Catherine Clément

L’opéra, ou La défaite des femmes

Le samedi 4 septembre 2004 par Sheherazade

Il existe une interdiction formelle pour les femmes d’être heureuses dans un opéra. C’est grâce à ce livre de Catherine Clément, publié vers la fin des années 70 que j’ai découvert et aimé l’opéra.

Sous sa plume féministe, souvent sarcastique et toujours drôle est né un pamphlet contre la culture patriarcale dont l’opéra est une évidence fondamentale.

Toutes les héroïnes meurent, sans exception. Derrière les décors somptueux et les musiques extraordinaires, Catherine Clément fait découvrir au lecteur l’interminable cortège des femmes bafouées. De l’adorable Mimi dans La Bohême à la farouche et indépendante Carmen, en passant par la malheureuse Violetta dans la Traviata, aucune n’échappe à son destin, à savoir LA MORT.

Qu’elles soient princesses, roturières, cousettes, mères, vestales, filles dévouées ou perdues, toutes les héroïnes subissent la même et triste fin.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, cet essai n’est pas une succession de livrets d’opéra, il aborde en guise de prélude, une histoire générale de l’opéra ainsi que la vie de cantatrices comme La Callas et Maria Malibran.

Catherine Clément insiste toutefois sur l’intrigue proprement dite, sur les paroles lourdes de sens véhiculées par la musique et reflétant typiquement la société patriarcale.