L’homme qui plantait des arbres de Jean Giono

Illustrations de Willi Glasauer

L’homme qui plantait des arbres

Le jeudi 2 août 2007 par Sheherazade

« Pour que le caractère d’un être humain dévoile des qualités vraiment exceptionnelles, il faut avoir la bonne fortune de pouvoir observer son action pendant de longues années. » Par ces paroles, Jean Giono introduit le personnage de son livre, un berger, homme solitaire et paisible qui plantait des arbres.

Des milliers de personnes lui doivent leur bonheur et pourtant combien le connaissent-ils ?

Pendant ses longues promenades en Haute-Provence, Jean Giono a rencontré Elzéard Bouffier ; depuis l’année 1920, il ne resta pas une année sans rendre visite à cet homme qui ne doutait jamais de la nature, qui plantait et replantait à foison, Jean Giono le vit pour la dernière fois en 1945, lorsque qu’Elzéard venait d’avoir 87 ans ; le vieux paysan mourra deux ans plus tard, à l’hospice de Banon, aussi paisiblement qu’il vécut.

Quel bel hommage à la nature et à un personnage comme on en rencontre désormais bien peu que ce petit livre destiné aux jeunes puisqu’il est paru chez Gallimard Jeunesse, et pourtant ! comme j’aimerais que les adultes le lisent aussi. Non seulement pour la beauté de l’écriture de Giono et aussi pour les illustrations poétiques de Willi Glasauer, mais surtout pour cette très belle ode à la nature.

Moins médiatique que les écrits de Nicolas Hulot ou de Jean-Marie Pelt, j’aimerais tellement que l’on découvre ou redécouvre Jean Giono ; ses livres sont un hommage à la Haute-Provence qu’il aimait tant, mais sont aussi un hommage à la nature en général ; il en appelait déjà à son époque à prendre conscience qu’il ne fallait pas détruire la nature. Fut il seulement entendu ?

A propos de Jean Giono :

Cet auteur passa sa vie à Manosque, Haute-Provence ; dans toute son œuvre, la nature tient une grande place. Il avait une passion particulière pour les arbres, depuis son enfance où il se promenait avec son père, les poches pleines de glands, dans l’espoir de voir pousser les chênes. C’est pour cette raison qu’il a raconté l’histoire d’Elézard Bouffier et de sa fantastique réussite .

Les romans de Jean Giono furent célèbres dans les années 60 et plusieurs d’entre eux furent portés à l’écran, comme par exemple le très beau « Hortense ou l’eau vive », dans lequel débuta la tendre et talentueuse Pascale Audret.

Mobilisé en 1914, Jean Giono va découvrir les horreurs de la guerre et les massacres ; le choc qu’il éprouvera le marquera pour le restant de sa vie ; il relatera cette expérience dans un roman, mais aussi dans ses écrits pacifistes datant des années 30. Dans l’un de ses écrits il compare un troupeau de moutons et un troupeau de militaires.

Peu avant la seconde guerre mondiale, il écrira le merveilleux livre « Le Chant du Monde », roman pur où la nature tient une énorme place - le fleuve en est la grande vedette. Il fait partie des romans de la période des romans au dénouement heureux, c’est un roman d’écrivain sans engagement social ou politique.

Toutefois dans une période où commencent à se pointer des nouvelles menaces de guerre Giono participe à des réunions en faveur de la paix, puis adhère à l’association des artistes et écrivains révolutionnaires. Lorsque les communistes évolueront en faveur du réarmement, il décidera de quitter leur mouvement.

Dans ces années d’avant-guerre, Jean Giono milite activement pour la paix ; il refuse d’obéir en cas de conflit, mais n’impose sa position personnelle à aucun. Il se rendra cependant à l’appel de la mobilisation ayant une famille à faire vivre ; il sera arrêté pour cause de pacifisme et détenu pendant deux mois avant d’être libéré.

Jean Giono connaîtra en ces temps troublés bien des problèmes ; on l’accusera d’une certaine sympathie avec Vichy (retour à la terre, apologie de l’artisanat !) ; on lui reprochera par-dessus tout d’avoir publié des nouvelles dans le revue de Drieu la Rochelle et d’avoir réalisé un reportage photographique pour Signal (l’édition française du magazine allemand).

Par contre on ne parlera quasi pas du tout du fait qu’il abritera des réfractaires, des juifs et des communistes, tout comme on ne parlera pas de l’esprit de résistance dans la pièce « Voyage en calèche » qui sera pourtant interdite par la censure allemande.

A la libération, Giono sera arrêté et inscrit sur la liste noire du comité national des écrivains. A cette époque, Jean Giono est un homme désabusé, qui sera victime de l’ostracisme des maisons d’éditions.

Il se retranche alors dans le silence et le travail, et finira notamment le célèbre « Hussard sur le toit », roman qui a également été porté à l’écran.

Grâce au « Hussard », l’ostracisme dont il est victime se termine.

Jusqu’à sa mort, Jean Giono se consacrera à l’écriture, qui prend des formes de plus en plus variées (articles pour des revues et des journaux, récits de voyages, quelques essais historiques bien que l’homme n’ait rien d’un écrivain, pour ensuite revenir au théâtre). Il s’intéresse également au cinéma et réalise quelques films.

A propos de Willi Glasauer, illustrateur :

Cet artiste naquit à Stribo en Bohême (République tchèque) en 1938. Il vécut pendant de longues années dans un village des Pyrénées-Orientales qui ne comportait que 18 habitants et une centaine de moutons.

Il a suivi les cours de l’Ecole des Beaux-Arts de Mayence en Allemagne.

Il se consacre exclusivement à l’illustration de livres pour la jeunesse ; il travaille les détails des illustrations au crayon, en privilégiant le mouvement, le réalisme.


  • L’homme qui plantait des arbres  12 avril 2008, par pere noel
    je suis de tunis et j’etudie ce conte a l’ecole je le trouve superbe et c’est le seul livre que j’ai lu et il m’a vraiment beaucoup plu
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